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Total : plus de peur que de mal

Les résultats trimestriels du groupe pétrolier restent élevés et font ressortir une provision de 42 millions d'euros liée à l'accident de la plateforme Elgin. Un évènement exagéré par la Bourse.
Un peu plus d'un milliard d'euros de bénéfice net par mois. C'est ce que Total a enregistré au cours de ce premier trimestre, pourtant marqué par une production stable d'hydrocarbures, une hausse de la fiscalité et des conditions d'exploitation plus difficiles qu'anticipé dans le raffinage et surtout la pétrochimie. En dépit de ces comptes jugés mi figue mi-raisin par la Bourse, les actionnaires vont recevoir un acompte trimestriel sur dividende de 0,57 euro, équivalent à ce qu'il était il y a un an. Qu'est ce que cela signifie ? D'abord, qu'en dépit des bouleversements géopolitiques, du ralentissement économique mondial (qui pèse sur la demande d'énergie) et des variations monétaires, Total continue à délivrer des résultats plus que satisfaisants. Satisfaisants pour les actionnaires bien sûr. Satisfaisants surtout pour permettre au groupe d'investir sans cesse, afin de reconstituer et de diversifier ses réserves. Certains vont continuer à s'étrangler devant le montant des profits dégagés en trois mois par Total. Mais auront-ils la bonne foi d'aller constater que sur la même période, les investissements du groupe ont tutoyé les 6 milliards d'euros? Et qu'outre l'autofinancement, c'est la vente pour 1,5 milliard d'euros d'actions Sanofi, qui a permis d'assurer tous ces développements futurs? Ensuite, la deuxième leçon de ces comptes trimestriels réside dans la provision de 42 millions d'euros liée à l'accident survenu sur la plateforme d'Elgin en Mer du Nord. Cette provision a trait aux travaux à mener dans les semaines qui viennent pour remettre en ordre cet outil de production. A cela il faut ajouter un manque-à-gagner quotidien équivalent à 1,2 million d'euros, lié à l'arrêt de la plateforme. Ces deux chiffres montrent à quel point la réalité comptable de cet accident est très éloignée de la perception boursière. Puisque depuis ces malheureux évènements, la capitalisation boursière de Total a fondu de plus de dix milliards d'euros. Un chiffre sans commune mesure avec ce qui s'est passé à Elgin, et même avec ce qui pourrait se passer sur le plan environnemental. Et qui confirme que les investisseurs ont toujours la mauvaise habitude de crier avant d'avoir eu mal.
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