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Veolia fait de l'Asie son principal relais de croissance
« Aujourd’hui, nous progressons partout sauf en France. La Chine fait clairement partie des pays les plus dynamiques du moment pour nous. Raison pour laquelle nous mettons les bouchées doubles sur cette zone. Le traitement des déchets dangereux est un axe de développement stratégique et un important relais de croissance pour notre groupe qui revendique le premier rang sur les marchés européen, nord-américain et asiatique », déclarait mercredi Antoine Frérot, le patron de Veolia à Hong-Kong lors de l’inauguration de la plus grande usine au monde de traitement des boues usées issues des 11 stations d’épuration du territoire. Un énorme projet que Veolia vient de mener à bien pour un coût total de 600 millions d’euros, l’usine traitant 2000 tonnes de boues par jour et les transformant en électricité et surtout en ne rejetant aucunes eaux usées en mer. Soit un véritable défi pour cette contrée qui totalise aujourd’hui 7,6 millions d’habitants sur une zone constructible très limitée.
« Nous sommes très fiers d’avoir pu construire cette unité unique au monde. Elle est non seulement innovante d’un point de vue technologique mais également très belle architecturalement parlant, le bâtiment ressemblant à une vague », ajoute Antoine Frérot. Son groupe vient, par ailleurs, de traiter 10.000 tonnes d’eaux polluées et contaminées lors de l’explosion survenue à Tianjin, non loin de Pékin au début de l’année. Il faut dire son centre de traitement de déchets dangereux est situé à 30 kilomètres du lieu de la catastrophe, l’entreprise française gérant par ailleurs 5 autres centres sur le continent.
Veolia s’est installé en Chine dans les années 1990 et exerce actuellement ses activités de production d’eau et de dépollution des eaux usées pour le compte de collectivités publiques et d’industriels privés. Avec 14.200 employés, le groupe gère environ 60 contrats dans 40 villes. Il détient 8% de parts de marché des déchets dangereux et vise 17% dès que ses 4 derniers centres en construction seront opérationnels. D’ici à 2020, Veolia devrait totaliser 20% de parts de marché sur ce segment. « Aujourd’hui, le traitement des déchets dangereux est un relais de croissance pour Veolia qui a réalisé en 2015 environ 1,1 milliard d’euros de chiffres dans cette activité. En 2018, celle-ci devrait représenter pratiquement le double », assure Antoine Frérot. Ce poids n’est toutefois pas appelé à progresser significativement à l’avenir, les autorités chinoises s’attachant très rigoureusement à conserver une large avance par rapport aux opérateurs étrangers.
« En Chine nous ne sentons aucun ralentissement de nos activités compte tenu des besoins croissants du continent pour régler les problèmes de pollution aussi bien atmosphériques que des sols et de l’eau, mais aussi les déchets dangereux », soutient le numéro un de l’entreprise française. La Chine et plus globalement, l’Asie constitue donc un enjeu majeur pour la société du CAC 40 bien décidée à grossir partout dans le monde, y compris là où on ne l’attend pas. Et par exemple en Iran, où les américains tentent pourtant d’intimider tous les entrepreneurs du monde entier afin de les dissuader d’aller s’installer là-bas. Avec quelle efficacité ? Au Japon, Veolia, qui s’est notamment illustré en traitant une large part des déchets faiblement radioactifs de Fukushima, entend poursuivre sur sa lancée. La société gère déjà des stations d’épuration et vient d’ouvrir deux centrales de biomasse. Elle y réalise un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros et compte bien voir cette part rapidement augmenter au fur et à mesure des besoins des villes, malgré un fort protectionnisme.
Autant de projets susceptibles d’améliorer à court et moyen terme les marges d’Ebitda du groupe français compte tenu des niveaux dégagés sur ces zones, ceux-ci étant deux à trois fois supérieurs à ceux connus en France.
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