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Eté difficile pour EDF et GDF Suez
Difficile été pour les deux énergéticiens français. EDF a décidé de mettre à l'arrêt pour environ huit semaines trois réacteurs nucléaires exploités en Grande-Bretagne par sa filiale EDF Energy, à la suite d'un défaut détecté sur la chaudière d'un quatrième réacteur de conception similaire. EDF Energy exploite au total 15 réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne. Les mises à l'arrêt de ces quatre réacteurs devraient affecter environ un tiers des capacités de production d'électricité d'origine nucléaire de la Grande-Bretagne, a fait savoir EDF Energy. Mais selon plusieurs spécialistes, la faiblesse relative de la demande d'électricité en période estivale et la production relativement élevée des capacités d'énergie renouvelable devraient limiter l'impact sur l'approvisionnement de la Grande-Bretagne en énergie.
Ce qui n’est pas le cas en Belgique, où plus de la moitié des capacités de production nucléaire étaient à l'arrêt hier, près d'une semaine après qu'une fuite d'huile a été détectée dans la partie non-nucléaire du réacteur de Doel 4. L'opérateur belge Electrabel, filiale de GDF Suez, a indiqué avoir coupé il y a huit jours ce réacteur et espère pouvoir redémarrer au plus vite. Dans un communiqué publié jeudi, le groupe indiquait qu'un acte de malveillance était probablement à l'origine de l'incident. Deux autres réacteurs nucléaires belges, Doel 3 et Tihange 2, sont quant à eux à l'arrêt depuis 2012. Electrabel gère sept réacteurs nucléaires en Belgique, quatre à Doel et trois à Tihange. Avec la perte de production imputable à l'arrêt de Doel 4, il manque désormais à la Belgique 3 gigawatts de production électrique sur 5,7 gigawatts de capacités. Pour compenser l'effet de cette perte de production, la Belgique pourrait être contrainte d'importer davantage d'électricité ou passer à une production au gaz. A noter d’ailleurs qu’EDF Luminus est copropriétaire avec Electrabel à hauteur de 10,2% de Doel 3 et Tihange 2.
Ce matin, le titre EDF pique du nez. Après avoir franchement plongé lorsque Ségolène Royal a annoncé qu’il était hors de question que le groupe d’Henri Proglio puisse augmenter ses tarifs d’électricité à partir du 1er août, la valeur a du mal à retrouver des couleurs. Depuis le début de l’année, elle est en retrait de 8%. Pas très loin, il faut dire, du CAC 40, en repli de 3% sur la même période. Lors des publications semestrielles, le patron du groupe énergétique a confirmé ses anticipations annuelles, fort notamment d’une structure financière renforcée avec un ratio d’endettement inférieur à 2 fois l'Ebitda. Il avait également mis en avant la progression de l’Ebitda au Royaume-Uni, en hausse organique de 9,3%, en particulier grâce à la bonne performance du parc nucléaire. A voir si ces données se confirment sur la deuxième partie de l’année.
Côté GDF Suez, Gérard Mestrallet s’est montré assez prudent à l’occasion de la publication de ses performances à mi-année, précisant qu’il maintenait la prévision d’un résultat net récurrent part du groupe compris entre 3,3 et 3,7 milliards d'euros, à climat moyen sur l'ensemble de l'année, mais ce, hors impact du non fonctionnement des centrales Doel 3 et Tihange 2 sur le deuxième semestre. Depuis lors, l’action est plutôt en berne, cédant 1,6% sur une semaine. Sur un mois, le repli atteint 5,5% mais le groupe de Gérard Mestrallet affiche toujours un gain (de 9%) depuis le début de l’année. Ce dernier est très occupé en ce moment à orchestrer sa succession alors qu’il sera atteint, en 2016, par la limite d’âge fixée à 67 ans. Un nouveau mode de gouvernance serait en préparation afin de dissocier les organes de décision, avec l’introduction d’un président et d’un directeur général. Isabelle Kocher, actuelle directrice financière de l’entreprise, serait bien placée pour prendre le fauteuil de directrice générale. Un poste que Jean-François Cirelli, ancien patron de Gaz de France et actuellement directeur général délégué depuis la fusion avec GDF, pourrait pourtant aussi obtenir. Le duel s’annonce serré entre cette normalienne et agrégée de physique de 47 ans et cet énarque de 58 ans de la promotion Léonard de Vinci (1983-1985). A moins que l’Etat ne tranche pour une solution externe.
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