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Vivendi sur tous les fronts
La partie s’annonce serrée pour Vincent Bolloré dans le dossier Gameloft : en pleine période d’OPA, la famille Guillemot annonce s’être encore renforcée au capital de la société cotée pour porter sa participation à 20,29% du capital (28,42% des droits de vote). De quoi relancer le suspense sur l’issue de cette OPA « non sollicitée » au prix unitaire de 6 euros. A noter d’ailleurs que depuis l’annonce officielle des intentions de Vivendi, l’action Gameloft s’est toujours inscrite au-dessus du prix proposé pour atteindre même 7,01 euros hier avant de refluer à 6,78 euros ce mercredi. Selon ses dernières déclarations, Vivendi possède 30,01% du capital mais 26,72% des droits de vote, soit moins que les Guillemot toujours aussi arc-boutés contre les velléités de l’entreprise dirigée par Arnaud de Puyfontaine. De son côté, le fonds Amber Capital détient 6,08% du capital et 5,41% des droits de vote, selon un récent pointage, et Fidelity un peu moins de 10%.
A voir si ces investisseurs institutionnels apporteront à l’offre de Vivendi. Sachant que la société devra obligatoirement obtenir au moins 50% du capital pour que l’OPA soit déclarée recevable, compte tenu de la nouvelle législation en vigueur. Une chose est claire, en tout cas: si la société de Vincent Bolloré parvenait à ses fins, c’est toute la direction actuelle de Gameloft qui serait fragilisée et acculée au départ. Schéma que l’on retrouve également chez Ubisoft, fondé aussi par la famille Guillemot et dans lequel Vivendi détient 11,5% du capital.
Vivendi est décidément à la manœuvre en ce moment. Hier, il confirmait être entré à hauteur de 26,2 % au capital de Banijay Group, un des plus grands producteurs et distributeurs indépendants de programmes télévisuels, suite à la finalisation du rapprochement entre Banijay et Zodiak Media. Avec un chiffre d’affaires d’environ 900 millions d’euros et des établissements dans plus de 17 pays, Banijay Group rassemble un portefeuille de marques-phares et de formats dans les domaines du divertissement, des fictions, des magazines, des émissions de téléréalité, des docu-fictions, des programmes pour enfants et des animations.
La participation de Vivendi dans Banijay Group représente un investissement de 290 millions d’euros, dont 100 millions d’euros aux fins d’obtenir 26,2 % de la nouvelle entité fusionnée. En outre, Vivendi a souscrit à deux obligations remboursables en actions ou en numéraire à hauteur de 100 millions d’euros et de 90 millions d’euros respectivement auprès de Banijay Group et de Lov Banijay, structure holding contrôlée par Stéphane Courbit. Ces deux obligations ont une échéance de 7 ans.
A noter que le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine vient également d’accroître ses parts au sein de Telecom Italia pour en détenir 22,8%, se rapprochant ainsi du seuil de déclenchement obligatoire d’une OPA (25%). L’entreprise française répète à l’envi qu’elle est là en tant que partenaire industriel de long terme. Discours que tient également Xavier Niel, lui aussi dans la boucle mais à un niveau plus virtuel puisqu’il est simplement à la tête d’options d’achat. L’appétit des Français pour cet opérateur télécoms ne s’arrêterait d’ailleurs peut-être pas là, puisque l’on prête aussi à Orange de vouloir s’immiscer dans la boucle. En début de semaine, la direction de Vivendi a toutefois formellement démenti s’intéresser à Mediaset, arguant qu’elle avait déjà d’autres dossiers prioritaires.
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