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EDF, Saint Gobain et Société Générale plébiscités par leurs actionnaires

Ce sont les chiffres qui le disent : une très large proportion des actionnaires de ces sociétés ont opté pour le paiement de leurs dividendes en actions. Un signal très positif envoyé au management.
Enterrées les actions? Si les statistiques sont assez cruelles pour cette classe d'actifs, de plus en plus délaissée par les particuliers depuis 2008, certains signaux viennent toutefois tempérer ce désamour. Comme les récentes annonces des fleurons de la cote française sur le paiement de leur coupon annuel. Manifestement, l'option de paiement en actions a été largement retenue par les actionnaires de ces entreprises, la preuve qu'ils ont confiance dans la stratégie de leur poulain mais aussi dans le potentiel de hausse du titre. Quelques chiffres éloquents : 65% des actionnaires de la Société Générale ont opté pour ce paiement en actions, 65% aussi chez Veolia, 67% chez Atos 75% chez Saint Gobain et...92,3% chez EDF. Pour ce dernier, ce taux est particulièrement symptomatique. Le groupe énergéticien se bat depuis de longs mois pour bénéficier d'augmentations de tarifs, combat long et difficile. Pour rappel, la Commission de régulation de l'énergie(CRE) proposait début juin une évolution tarifaire à appliquer dès cet été en vue de couvrir les surcoûts de production et de commercialisation du groupe dirigé par Henri Proglio. Dans un communiqué paru dans la foulée, le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie assurait que le gouvernement n'envisageait pas de procéder au rattrapage du retard accumulé depuis plusieurs années dans l'immédiat, "compte tenu de la situation du pouvoir d'achat des ménages". Rien que pour 2012, l'écart entre les coûts annuels d'EDF et les tarifs fixés à l'été 2012 appliqués sur les volumes de ventes s'élève à près de 1,5 milliard d'euros, d'après la CRE. Pour autant, EDF fait partie de ces énergéticiens qui ont pris à bras le corps leur endettement et profitent des excellentes conditions de crédit pour la restructurer tout en allongeant les maturités. Lors de la dernière assemblée générale du groupe, Henri Proglio a également martelé que les engagements financiers seraient tenus et que l'entreprise était résolument à la manoeuvre pour amplifier son poids en Europe. En choisissant le paiement de leurs dividendes en actions, les actionnaires d'EDF font donc le pari que ces promesses seront tenues. Pour les plus anciens, cela leur permet, déjà, de moyenner leur position à la baisse, le titre étant encore loin des 80 euros de 2007. Pour les plus récents, c'est un investissement judicieux, compte tenu du terrain perdu ces dernières années et qui devrait être rattrapé, au moins partiellement, au regard de la situation bilancielle du groupe et du contexte monétaire. La valeur s'adjuge d'ailleurs près de 29% depuis le début de l'année, loin des 4,5% de gain du CAC 40 sur la période. Saint Gobain, de son côté, économise la modique somme de 500 millions d'euros grâce à ce paiement en titres. Une aubaine pour la société qui peine actuellement à vendre sa filiale de verres alimentaires nord américaine Verallia North America, la Federal Trade Commission (FTC), régulateur américain de la concurrence, ayant stoppé le processus de cession au groupe irlandais Ardagh, en début de semaine. Cette filiale est décidément maudite pour Saint Gobain qui avait tenté de l'introduire en Bourse en 2011, espérant en retirer 2,5 milliards d'euros. Opération retirée à la dernière minute, faute d'une demande suffisante de la part des investisseurs. Chez Veolia, cette forte proportion de conversion en actions se traduit concrètement par une augmentation de 5% du capital avec la création de 227 millions de titres. La confiance des actionnaires est, là aussi, un signal très positif envoyé à la direction du groupe qui peine pourtant à susciter l'intérêt des institutionnels. La valeur souffre beaucoup en Bourse depuis le début de la crise financière. En cause: son endettement et la problématique du mur de la dette. Son potentiel de reprise n'en est pourtant que plus important. Pour l'heure, Veolia perd 5,2% depuis le début de l'année, 54% sur trois ans et...75% sur cinq ans.
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