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Presse allemande : "la zone euro est menacée d'une zombification"

La presse allemande relaie l'appel du FMI et d'économistes, pour une réduction plus rapide et forte de la dette dans les pays de l'UE. Et met en cause la politique des banques centrales depuis la crise.
"Les économistes du FMI insistent sur une nouvelle réduction de la dette", titre le Frankfurter Allgemeine Zeitung ce lundi. "Le FMI tire les leçons de la crise grecque avec une analyse exceptionnellement autocritique. A l'avenir, les pays surendettés doivent renoncer plus vite à une partie des dettes à court terme". "La restructuration de la dette est intervenue trop rarement et trop tard", estime par ailleurs le FMI dans son rapport. Une analyse qui s'appuie essentiellement sur le cas grec, mais pas uniquement. Le FMI en profite pour dresser une critique de son action, considérant parfois avoir été "beaucoup trop optimiste". "Une leçon du cas grec c'est que le FMI aurait dû mettre en place plus rapidement un pare-feu financier et une recapitalisation des banques en Europe, afin d'éviter les risques de contagion et permettre une restructuration de la dette grecque", explique le FAZ. Le Spiegel a pour sa part interviewé l'économiste Clemens Fuest en réaction aux bons indicateurs de l'économie allemande révélés en fin de semaine dernière. Le site de l'hebdomadaire résume son analyse ainsi : "l'économie allemande croît de nouveau, mais le mini-boom est fragile. L'économiste Clemens Fuest met en garde contre un long malaise et prophétise : 'sans une coupe dans les dettes, la zone euro ne se remettra pas sur pied'". Il explique ainsi : "il est trop tôt pour respirer, nous avons certes une tendance positive modérée en Allemagne, mais l'environnement et en particulier la situation en Europe est très incertain. Entre temps, la crise ne se limite plus seulement au sud de l'Europe mais s'est aussi étendue à la France, qui est un partenaire commercial très important pour les entreprises allemandes. A cela s'ajoute la politique monétaire extrêmement souple des banques centrales du monde entier - cela soutient certes les marchés financiers, mais la tendance peut basculer très vite". Clemens Fuest ajoute que "la zone euro est menacée d'une zombification. Cela signifie qu'en Europe, nous offrons des prêts bon marché, comme si nous avions un problème avec la masse monétaire à court terme. En vérité, dans la zone euro, nous avons un problème avec l'endettement, qui ne peut pas être résolu avec de nouveaux crédits". L'Allemagne, pourtant, veut mettre en place un "programme de crédit pour les petites et moyennes entreprises au Portugal et en Espagne", révèle le Spiegel. Cela leur permettrait de profiter de taux d'intérêt plus faibles. Objectif : mobiliser de l'investissement pour l'Europe du sud. "Les épargnants mondiaux perdent plus de 100 milliards par an", prévient le Spiegel. "Argent de poche, comptes courants, épargne : les épargnants allemands perdent chaque année près de 14 milliards d'euros car les taux d'intérêt sont plus bas que l'inflation. Dans le monde, les pertes s'élèvent à plus de 100 milliards." L'article en question, issu du FAZ de ce dimanche, explique que dans 23 pays, l'écart entre taux d'intérêt et inflation est négatif. "Le mécanisme fonctionne ainsi : si les taux d'intérêt sont plus faibles que le taux d'inflation, les actifs seront réduits en termes réels. Les taux d'intérêt ne permettent pas de compenser la perte de pouvoir d'achat". Le site du Spiegel met en cause la politique des banques centrales depuis la crise financière.
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