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SAP à la traîne

Le leader mondial des progiciels intégrés revoit ses prévisions à la baisse et la hausse de son bénéfice n'est due qu'aux réductions de coûts.
La crise économique creuse les écarts. IBM, Microsoft, Oracle, Dassault Systèmes, ont tous donné des signes d'amélioration. Ce n'est pas le cas de SAP. Le groupe dirigé par Léo Apotheker a déçu. Son bénéfice net est en hausse de 12% au troisième trimestre, à 435 millions d'euros, mais 2 points en dessous des attentes. Surtout, le chiffre d'affaires chute de 9% ce trimestre, à 2,5 milliards d'euros. Bien-sûr c'est mieux qu'au cours des trois premiers mois de l'année où les revenus de logiciels et services associés avaient sombré de près d'un tiers, et le bénéfice net chuté de 16%. Mais c'est seulement grâce à des réductions de coûts sans précédent. Le groupe avait en effet licencié 3000 salariés au cours du premier semestre. Alors que son grand rival américain Oracle parvient à gagner du terrain dans le monde entier, et notamment en Europe, l'avenir de SAP est incertain. Les ventes de licences affichent de nouveau une forte de baisse de 31%. On comprend pourquoi le chiffre d'affaires escompté pour 2009 a été revu de 2% à la baisse. Aujourd'hui, le seul créneau qui progresse dans les ventes de licences est celui des logiciels décisionnels, ceux qui permettent d'estimer les paramètres coûts au sein de l'entreprise et de prendre des directions en la matière... Comme quoi la crise a parfois du bon. Une bonne partie de ces produits étant issus des activités de l'ancienne Business Objects, le spécialiste franco-américain de la business intelligence racheté en 2007, cela prouve également que la croissance externe menée à bon escient à un impact positif. Mais a contrario cela souligne les faiblesses du core business de SAP. Enfin le champion allemand continue de vivre de ses activités de maintenance, en hausse de 14% ce trimestre. C'est environ 50% de son chiffre d'affaires. Contre la tendance générale, le fournisseur de logiciels est parvenu à faire accepter à ses clients une hausse des tarifs pour les années à venir, en contrepartie de nouvelles prestations et d'un effort sur la qualité, ainsi que de baisse des coûts d'exploitation. Signe de puissance et de déclin à la fois. SAP aurait peut-être mieux à faire en dynamisant ses ventes sur des grands comptes, au lieu de mettre en avant sa progression sur les " smaller deals ".
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