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Mieux encadrer la distribution des produits financiers

Les consommateurs ne sont pas bien informés des risques qu'ils prennent en achetant des produits financiers. Les distributeurs ont des progrès à faire.
Entre les crédits subprimes et l'affaire Madoff, les investisseurs et épargnants ont de bonnes raisons de se méfier des produits financiers qui leur sont distribués. Sans eux pourtant la machine économique ne peut repartir, a souligné le président de l'AMF, Jean-Pierre Jouyet, lors des entretiens annuels hier. D'où l'impérieuse nécessité de mieux réguler la commercialisation des produits. La Commission vient de publier une consultation à ce sujet, mais il y a encore beaucoup de progrès à faire. A l'étranger comme en France, la protection des épargnants est devenue l'une des priorités des régulateurs. Aux Etats-Unis, le vote du Dodd-Frank Act a ouvert la voie à la création du "Bureau of Consumer Financial Protection". Les britanniques mettent en place une "Consumer Protection and Market Authority". En France, l'AMF a installé au printemps la direction des relations avec les épargnants. Elle a aussi inauguré son pôle de travail sur la commercialisation des produits avec l'Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP), qui contrôle les banques et les assurances. Reste que "de nombreuses innovations financières sont inintelligibles pour beaucoup de gens" a souligné Jean-Philippe Thierry, vice-président de l'ACP. Selon une étude de la Commission, seuls 38% des français déclarent avoir complètement compris l'information attachée au produit financier qui les intéresse. Les conseillers eux-mêmes ne sont pas toujours à même d'évaluer les risques de leurs offres. "Il ne faut pas avoir honte de dire aujourd'hui que, compte-tenu de la complexité des produits, nos réseaux ne sont pas au niveau", a reconnu Christophe de Backer, Dg d'HSBC France. Pas toujours bien formés, les conseillers sont souvent jugés peu fiables car rémunérés au nombre de produits vendus. Mais Christophe de Backer et François Villeroy de Galhau, responsable de la banque de détail de BNP Paribas France, ont affirmé en choeur que ces pratiques n'étaient plus au goût du jour, du moins dans leurs établissements. "On peut avoir un système de rémunération équitable et conforme aux besoins des clients", a défendu M. Villeroy de Galhau, expliquant que les conseillers de BNP devaient satisfaire aux besoins de la clientèle pour avoir une prime. Le vrai problème, selon eux, serait la complexité de la réglementation. Elle est telle que les clients et conseillers peinent à suivre. Les régulateurs en sont conscients. A partir de juillet 2011, les gestionnaires d'OPCVM devront rédiger un document d'information clé (KIID) qui présente sur un recto-verso le produit et ses risques, de façon lisible par tous. Un outil qui aurait le mérite d'être étendu à d'autres produits que les OPCVM selon M. Villeroy de Galhau qui plaide pour un "KIID universel". Pour Eric Briat, Dg de l'Institut National de la Consommation, il est bon d'avancer vers la comparabilité des produits. Aujourd'hui, comparer est loin d'être un réflexe chez les consommateurs. D'après la Commission, seuls 19% des français ont déclaré avoir fait le tour des offres comparables avant d'acheter un produit donné.
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