Le réveil d'Axa
Le leader français de l'assurance affiche une nouvelle ambition axée sur la rentabilité dans les pays matures et la croissance dans les pays émergents.
Après la série noire vient le temps de la série rose. Malgré un redressement de sa rentabilité en 2010, Axa avait subi ces derniers mois des revers importants en gestion d'actifs et acté des désengagements financièrement douloureux au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
L'annonce d'une sortie par le haut du Canada, à la veille de la publication du nouveau plan stratégique Ambition Axa, peut ainsi être considérée comme la première étape d'une nouvelle ère.
La vente des actifs canadiens pour 1,9 milliard d'euros en cash, sur la base de 13 fois le résultat opérationnel et 1,9 fois les fonds propres, apparaît en effet comme une excellente opération qui va dégager 900 millions d'euros de plus-value. Ce départ d'un quatrième bastion de l'empire britannique illustre le recentrage qui doit conduire à diminuer la présence dans les marchés matures pour se renforcer dans les pays à forte croissance.
Ce mouvement correspond à la nouvelle ambition d'Henri de Castries qui ne veut cependant pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Le président d'Axa entend donc à la fois réaliser 1,5 milliard d'euros d'économies dans les pays matures où le groupe est solidement implanté, et accélérer la croissance dans les pays émergents.
Cette politique devrait permettre de diminuer le ratio d'exploitation en assurance vie de cinq points en cinq ans, et le ratio combiné en dommages de plus de 3 points pour le ramener en dessous de 97%, grâce notamment à la diminution des taux de chargement. De quoi améliorer à la fois la rentabilité et la compétitivité.
Parallèlement Axa veut accélérer sa croissance dans les pays émergents grâce à l'augmentation de l'allocation des actifs qui y sont consacrés déjà initiée par les retraits anglo-saxons et les renforcements en Asie-Pacifique. Une politique qui devrait permettre de multiplier par deux la taille et la profitabilité des pays en croissance au sein du groupe.
Globalement Axa compte ainsi générer une croissance annuelle de 10% de son résultat opérationnel de 2011 à 2015 et atteindre une rentabilité des fonds propres de 15% en 2015, avec un ratio d'endettement revenu au niveau raisonnable de 25%.
Si le groupe atteint voire dépasse ses objectifs, il devrait revenir au niveau de son grand concurrent Allianz, qui l'avait distancé depuis quelque temps, et retrouver la faveur des investisseurs.
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