Pourquoi le dividende reste une composante essentielle
Les entreprises mondiales devraient verser des dividendes en hausse en 2013 et 2014 selon les estimations de M&G Investments. Pour les gérants, le versement d'un régulier coupon impose une discipline de fer dans la gestion.
En périodes difficiles, c'est bien connu, la distribution de copieux dividendes est le seul argument susceptible d'attirer les investisseurs sur les actions. Quand les indices boursiers font grise mine, le rendement, lui, résiste.
Encore faut-il que les entreprises dégagent de réguliers profits et de non moins indéfectibles coupons. Mais si tel est le cas, cette composante constitue un indéniable avantage que nombre de gérants ne cessent de promouvoir depuis longtemps. Y compris aujourd'hui, alors que les marchés financiers se reprennent assez sensiblement. Si l'on regarde de récentes statistiques, il est d'ailleurs intéressant de voir que la distribution régulière de dividendes est largement plébiscitée par les sociétés cotées.
Selon les chiffres compilés par la société de gestion M&G Investments, très en pointe sur cette problématique dividende, les masses de coupons distribués ne cessent de progresser dans le monde et dans le temps. C'est vrai surtout aux Etats-Unis depuis 2009. C'est vrai aussi dans les pays émergents depuis 2010. En Europe, après la chute enregistrée en 2009, les dividendes distribués ont repris le chemin de la hausse en 2010 et 2011, avant de reperdre du terrain en 2012. Ils sont attendus en hausse cette année et en 2014. Mais avec un très fort différentiel avec ceux provenant des pays émergents et des Etats-Unis, très loin au dessus.
En revanche, côté rendement, l'Europe arrive en tête avec un taux moyen de 3,4% contre 2,8% pour les pays émergents, 2,3% pour les Etats-Unis et 1,9% pour le Japon, le taux moyen mondial s'établissant à 2,8%.Soit une bonne nouvelle pour les investisseurs prêts à reprendre quelques risques tout en étant relativement couverts. " L'intérêt des dividendes ne réside pas seulement dans le rendement qu'ils supposent. La volonté de distribuer de réguliers coupons pousse les entreprises à adopter une discipline de fer dans leur gestion. Elle développe une culture de la croissance, un cercle vertueux en faveur des projets de développement les plus profitables ", assure Phil Cliff, fund manager chez M&G. Et de privilégier non pas les sociétés qui versent de copieux dividendes parce qu'elles se portent bien mais celles qui auront construit leur stratégie de développement afin de verser de réguliers coupons. Dans ce club, Phil Cliff dénombre une cinquantaine de valeurs européennes. Parmi ses valeurs françaises préférées : L'Oréal, Unibail Rodamco, Vinci, Arkema ou Sanofi. Dans le reste de l'Europe : Inditex, Novartis, Novo Nordisk ou Nestlé.
Clairement, le dividende demeure donc une composante importante dans le mode de sélection des gérants. Mais compte tenu de la reprise des marchés, ces mêmes professionnels en veulent plus. Ils voient donc davantage le coupon comme une part intégrante du management des sociétés et attendent des hausses régulières. Car pour eux, croissance rime toujours avec prudence.
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