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Scality, le petit Frenchy qui rêve de la bourse américaine
« Une start-up française doit assumer sa culture », plaidait Erwan Menard, P-dg de Scality lors de sa présence à la French Touch de New York. Et force est de constater que la jeune société spécialisée dans le stockage en ligne pour les entreprises a su convaincre ses investisseurs de sa culture d’entreprise puisqu’elle vient de boucler un quatrième tour de table de 45 millions de dollars, à une valorisation double par rapport à sa dernière levée de fonds. Cela porte à 80 millions de dollars les fonds levés depuis la naissance de la société en 2009. Le groupe japonais Broadband Tower entre aux côtés des investisseurs actuels, parmi lesquels des fonds français (Idinvest, Iris Capital, Omnes Capital et Bpifrance) mais aussi Menlo Ventures, un fonds de venture californien également actionnaire de Tumblr et Uber.
Ce dernier ne tarit d’ailleurs d’éloges sur la jeune pousse, dont le siège est à San Francisco mais dont les ingénieurs sont basés à Paris. « Il ne fait pour moi pas de doute que Scality est aujourd’hui le plus gros disrupteur dans le secteur du stockage traditionnel, et je suis très excité d’assister à leur progression », commentait ainsi Douglas Carlisle, managing director chez Menlo, à propos de la levée de fonds. Pour Scality, qui génère désormais la majorité de son chiffre d’affaires outre-Atlantique et compte de grands clients prestigieux comme Dell ou encore Comcast, la prochaine étape sera une IPO en 2017. Dans deux ans, la société compte générer une centaine de millions de dollars de chiffre d’affaires et atteindre le point mort.
A son échelle, elle compte ainsi réitérer le succès de Criteo, qui avait levé 251 millions de dollars lors de son IPO au Nasdaq en octobre 2013 et a vu son titre gagner 36% depuis. D’aucuns pourraient regretter que la start-up ait dès le départ choisi de s’implanter aux Etats-Unis, mais il paraît évident que pour une entreprise de la tech qui vend ses services aux plus grands groupes américains et concurrence des géants du métier tels qu’EMC, lever des fonds aux US et viser un accès au Nasdaq sont des voies incontournables. L’entrée d’un industriel japonais, qui fournit des infrastructures réseaux et peut offrir des débouchés pour les produits de Scality, est une manière intelligente de se crédibiliser auprès d’un marché ultra-concurrentiel.
Si les IPO de sociétés tech françaises aux US se font rares, les jeunes pousses n’hésitent cependant pas à boucler des tours de table de plus en plus ambitieux, et auprès d’industriels étrangers de renom. Ainsi, la start-up Sigfox spécialisée dans les objets connectés a réalisé la plus grosse levée de fonds d’une startup française, en collectant 100 millions d’euros en début d’année, notamment chez Telefonica et le coréen SK Telecom, afin de l’aider à se développer en Amérique Latine et en Asie. Mais aussi d’Elliott Management, le fonds activiste qui fait du grabuge sur l’OPA de Norbert Dentressangle. Avant lui, BlaBlaCar avait lui aussi franchi le Rubicon en amassant 100 millions de dollars auprès de VC américains prestigieux, dont Accel Partners (actionnaire de la première heure de Facebook) et Lead Edge Capital, investisseur chez Alibaba. Les jeunes stars françaises de la tech se font de plus en plus une place au soleil au pays de l’Oncle Sam, et quand en outre elles emploient les meilleurs ingénieurs en France, il n’y a que de quoi de réjouir.
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