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Brexit : plusieurs milliers d'emplois bancaires déplacés en France
En déplacement à Londres pour rencontrer son homologue britannique Philip Hammond, ainsi que la communauté des affaires française de la capitale britannique, le ministre de l'économie en a profité pour rappeler les enjeux du Brexit pour la France. Lors d'un point presse à la résidence de France, Bruno Le Maire s'est ainsi félicité de la clarification apportée par la Première ministre Theresa May la semaine dernière, qui a reconnu que son pays n'aurait plus accès au passeport européen. "C'est donc à partir de maintenant que les décisions de relocalisation des banques vont se prendre", a affirmé le ministre qui estime qu'elle concerneront plusieurs milliers d'emplois pour la France. "Cela se chiffre en milliers plutôt qu'en centaines", a-t-il assuré, s'abstenant pour le moment de donner un chiffre plus précis.
Principal facteur d'hésitation des banques et de la communauté financière, de venir s'implanter à Paris, l'incertitude et l'instabilité fiscale, en cas d'alternance à la fin du mandat d'Emmanuel Macron. "Je leur réponds qu'aucune garantie de stabilité n'existe aujourd'hui en France ou en Europe mais que l'incertitude est tout aussi grande au Royaume-Uni", a expliqué le ministre de l'économie, qui a rencontré lors de son passage à Londres un bon nombre de représentants du secteur financier.
Une chose est sûre, le mouvement de relocalisation des banques se fera progressivement, au fur et à mesure de l'évolution des négociations sur le Brexit. "Ce n'est pas du jour au lendemain que les banques anglo saxonnes vont décider de relocaliser des milliers d'emplois, mais sur le long terme", a affirmé le ministre, rappelant au passage les nombreuses réformes mises en place depuis sa prise de fonction, pour renforcer l'attractivité de Paris et notamment de sa place financière. "Il est légitime que la France veuille développer son attractivité et fasse revenir des emplois en France", a ainsi déclaré le ministre, qui regrette toutefois la décision des britanniques de l'UE.
La France aurait toutefois beaucoup à perdre d'un mauvais Brexit, a reconnu le ministre. Elle perdrait la considération du peuple britannique et des intérêts économiques énormes. "La Grande Bretagne est un partenaire commercial essentiel pour la France (...), nous voulons non seulement conserver cette relation économique mais aussi la développer" a affirmé le ministre, citant notamment en matière d'énergie nucléaire le projet d'Hinkley Point, les exportations de viticulture françaises vers la Grande-Bretagne et de nombreux autres secteurs dans lesquels la relation économique entre la France et la Grande-Bretagne est vitale.
La France perdrait enfin un partenaire politique et diplomatique crucial, puisque le pays est l'un des rares à avoir une vision stratégique commune avec l'UE et l'Hexagone sur la scène internationale. Bruno Le Maire a notamment rappelé au passage que la Grande-Bretagne était d'accord avec la France pour taxer davantage les GAFA, pour développer la finance verte, ou du même avis sur le fait que les décisions protectionnistes que l'administration Trump pourrait prendre étaient "mauvaises pour tout le monde", et que personne ne gagnerait une guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe. Si la France compte bien tirer les conséquences du Brexit et faire valoir ses intérêts économiques, la décision des britanniques ne devra en tous cas "pas abimer la qualité de notre relation bilatérale entre les deux grandes nations que sont la Grande-Bretagne et la France", a conclu le ministre.
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