WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Bâle fait un pas vers les banques

Les actifs éligibles à la BCE pourraient désormais être pris en compte dans le calcul du ratio de liquidité à court terme (LCR), et le calibrage des fuites de dépôts serait revu à la baisse.
Bonne nouvelle pour le secteur bancaire. Selon les rumeurs de marché, le comité de Bâle pourrait bientôt accepter d'adoucir la fixation du ratio de liquidité à court terme (le LCR), notamment en acceptant qu'il soit constitué d'actifs éligibles à la BCE et pas seulement d'emprunts d'Etat. Le CAC40 a régi en s'adjugeant 1,12% à la clôture, porté par les valeurs bancaires: BNP Paribas (+9,44%), Société Générale (+8%) ou Deutsche Bank (+5,17%). Le ratio de liquidité à court terme est l'un des deux prévus par le régulateur pour améliorer la gestion de la liquidité. Il a pour mission de mesurer la capacité d'une banque à faire face à ses engagements en période de stress, c'est-à-dire si les transactions avec les autres banques étaient gelées et si les déposants venaient à retirer leurs fonds. L'autre ratio est le net stable funding ratio (NSFR) qui, lui, est chargé d'assurer le maintien des ressources sur une plus long période. Le comité demandait ainsi à ce que toutes les sorties nettes de cash sur 30 jours puissent être couvertes, au moins à 100%, par des actifs liquides de très bonne qualité. Pour ce faire, les banques devaient être amenées à investir dans des titres d'Etat (si possible AAA) et dans de la dette privée très bien notée. Concrètement, la pondération des actifs liquides irait de 100% pour les titres d'Etat et les comptes courants, à une pondération comprise entre 0 et 50% pour de la dette privée. Le principe est d'autant plus critiqué par les lobbies bancaires qu'avec la crise, se reposer en grande partie sur les titres gouvernementaux est discutable. Les établissements n'apprécient pas non plus d'être astreints à acheter ou à conserver de la dette souveraine (qui doit en outre être comptabilisée à sa valeur de marché désormais) et d'avoir à engranger des stocks d'actifs de très haute qualité, souvent moins rentables. Les banques demandent donc à ce que les ratios de liquidité prennent en compte les actifs acceptés comme collatéral par la BCE. Un principe jusque là rejeté par le comité, qui semblait considérer le critère comme trop large. Une autre option pour le comité serait de revoir les estimations de fuites des dépôts, qui figurent au dénominateur de ce ratio, jugées pour l'instant trop sévère par les banques. Pour le régulateur, en période de stress, les acteurs financiers et non financiers pourraient se désengager de leur établissement de crédit (fuite des dépôts de 100% des acteurs de la finance et de 75% de ceux des entreprises non financières) et des marchés d'actifs, devenus trop illiquides. D'éventuels ajustements étaient attendus, la période d'observation pour la LCR ayant commencé cette année. Le comité a mis à l'ordre du jour cette question de sa prochaine réunion. Les besoins opérationnels devront être définis d'ici à 2013. Le LCR sera mis en place au premier janvier 2015.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article