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Le père Noël et le père fouettard

Alors que la formule légale impliquerait une hausse du prix du gaz inférieure à 1% le 1er janvier, le Conseil d'Etat pourrait valider une hausse de 5% en raison des limites imposées naguère par le gouvernement.
On a souvent besoin d'un plus petit que soi. Comme dans "le lion et le rat" de La Fontaine, le géant GDF Suez pourrait profiter de l'action intentée par les modestes opérateurs détaillants du gaz membres de l'ANODE. Au nom de la préservation d'une saine concurrence en France, cette association, qui regroupe des entreprises comme ENI et Poweo, avait intenté un recours devant le Conseil d'Etat après la limitation de la hausse du prix du gaz à 2% le 1er octobre dernier au lieu des 6,1% que la formule officielle, validée par la Commission de régulation de l'énergie, aurait justifié. Alors que le prix du pétrole, qui entre pour 75% dans la formule censée refléter les coûts d'approvisionnement, n'a guère varié depuis six mois, le calcul, révélé par Les Echos ce matin, impliquerait une hausse inférieure à 1% le 1er janvier prochain. Mais le gouvernement Ayrault risque d'être victime de ses errements passés. Ayant amputé des deux tiers la hausse légale du 1er octobre, il n'aura d'autre choix que de faire subir une hausse cinq fois supérieure à la formule si le Conseil d'Etat donne raison à l'ANODE. Or la plus haute juridiction administrative a déjà donné raison aux distributeurs de gaz victimes, il y a un an, d'un blocage arbitraire effectué par le gouvernement Fillon. Comme pour alléger le rattrapage que devaient subir les sept millions d'abonnés au gaz, l'alourdissement Fillon est étalé jusqu'en 2014, l'éventuel rattrapage Ayrault s'y ajoutera. Le gouvernement, qui a déjà fortement chargé la barque fiscale pour 2013, pourrait donc se retrouver avec un effet doublement impopulaire à gérer. L'Etat pourra cependant se consoler en pensant qu'en tant que premier actionnaire de GDF Suez, il profitera de l'application rigoureuse de la formule. Car toute limitation de cette dernière ampute l'Ebitda annuel du groupe public de 100 millions d'euros par tranche de 1% non répercutée.
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