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Eurazeo injustement puni après des trimestriels satisfaisants
Le marché a ses raisons que la raison ne connaît point. Dans un marché en baisse en raison du décrochage du pétrole, Eurazeo en fait l’expérience ce jeudi, avec un titre en baisse 5% malgré la publication de revenus trimestriels supérieurs aux attentes. Le holding d’investissement coté a ainsi généré un chiffre d’affaires économique en hausse de 11,9% à périmètre constant et 6,6% à périmètre et change constants, à 1,06 milliard d’euros. Le chiffre d’affaires consolidé (des sociétés contrôlées) atteint quant à lui 258,6 millions d’euros, bien au-dessus des 224,9 millions d’euros attendus par le consensus. Les grandes lignes d’Eurazeo Capital, et notamment les performances des deux IPO de l’année, Elis et Europcar, ont contribué à la croissance du groupe aussi bien que les segments Eurazeo PME et Croissance, qui ont bouclé de nombreuses acquisitions au troisième trimestre.
Seule une participation affiche des performances décevantes : la chaîne de prêt-à-porter Desigual, dont les ventes se contractent de 6% à périmètre et change constants. La maison de mode, qui génère 90% de ses revenus en Europe, a en particulier essuyé la baisse de la France et de l’Espagne (-8% et -6%). Il s’attelle à réduire le nombre de magasins dans certaines zones et à re-dynamiser l’offre produits, ce qui prend du temps. « Chez Desigual, nous avons décidé de rationaliser le nombre de magasins, ce qui a un impact à court terme sur le chiffre d’affaires. Mais cela n’est pas problématique sur la société, qui ne supporte aucune dette d’acquisition. Nous sommes confiants dans le potentiel de Desigual à moyen terme », commente Philipe Audouin, le directeur financier du groupe.
Outre le travail sur les participations existantes, Eurazeo a également fait tourner ses actifs. « La rotation du portefeuille a été dynamique sur le trimestre, avec une cession et cinq acquisitions, ce qui est le fruit de la diversification du groupe depuis quelques années. Nous sommes désormais une véritable plateforme de financement privé au service des entreprises », revendique Philippe Audouin. L'entreprise dirigée par Patrick Sayer a en particulier abondé au capital de trois sociétés de la French Tech : Prêt d’Union, Vestiaire Collective et PeopleDoc, mais a aussi pris pied dans Capzanine, le spécialiste de l’investissement mixte en capital et dette, une nouvelle volonté d’élargir ses compétences et d’offrir des services en phase avec les besoins des sociétés. Côté sorties, celle de Cap Vert Finance, a rapporté un produit net de 50 millions d’euros. L’année a aussi été chargée grâce à des marchés bien orientés : le groupe a tiré parti de la hausse du titre Accor, qui pesait un peu trop dans son ANR, pour céder la moitié de ses parts à un prix record depuis 2008, et s’est allégé dans Moncler, à un cours en hausse de 70% sur son IPO de fin 2013.
Enfin, il a bien sûr réussi les introductions en Bourse d’Elis en février, même s’il n‘a quasiment pas cédé de titres lors de l’IPO, puis d’Europcar en juin. « Après les deux grosses introductions réussies du premier semestre, nous n’avons pas prévu d’autre IPO de participation dans un avenir proche. Une entrée en Bourse est une responsabilité vis-à-vis du marché et des investisseurs, les sociétés qui ne sont pas assez matures ne devraient pas se lancer dans ce processus ». Doté de 1,4 milliard d’euros de trésorerie, Eurazeo a donc les moyens de poursuivre ses emplettes dans les segments PME et Croissance comme il le fait déjà, mais aussi de s’attaquer à un plus gros poisson. Il travaille sur plusieurs dossiers et a déposé une offre après l’aval de son conseil de surveillance mardi.
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