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La Banque Postale met la main sur KissKissBankBank

La plateforme de financement participatif passe sous pavillon postal. L’opération porte sur 100% du capital, mais le management restera en place pour poursuivre l’aventure. Reste à savoir si la greffe prendra.
kisskissbankbank
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La consolidation continue dans le secteur des fintechs. Cette fois, c’est La Banque Postale qui met la main sur l’un des fleurons du crowdfunding en France, KissKissBankBank & co. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué mais l’acquisition porte sur 100% du capital. De fait, l’opération qui porte sur l’ensemble des marques de l’entreprise technologique, qui regroupe ainsi KissKissBankBank, hellomerci et Lendopolis vient s’inscrire dans la stratégie digitale de la Banque Postale. « Ce rapprochement lie la fintech citoyenne à la banque citoyenne. C’est un moyen de répondre aux nouveaux usages de produits et services bancaires et aux aspirations sociétales actuelles de transparence et de solidarité. Enfin, il va nous permettre d’accélérer notre développement commercial sur le digital », a ainsi commenté Rémy Weber, président du directoire de La Banque Postale. La Banque Postale continue donc son développement dans le digital et l’innovation après avoir notamment acquis 10% de la plateforme participative de crédit aux PME, Wesharebonds, l’an dernier et développé le paiement sans contact en déployant l’authentification vocale pour les paiements en ligne, une technologie baptisée Talk to Pay.

La Banque Postale acquiert ainsi une plateforme de financement participatif clairement inscrite dans le paysage français du crowdfunding. Lancée en 2009, la communauté atteint près de 1,3 million de membres et a permis de financer plus de 27 000 projets créatifs, associatifs et entrepreneuriaux. Au total, ce sont plus de 50 millions d’euros de projets qui ont ainsi été financés. La plateforme était jusqu’ici financée par des fonds, dont Xange Capital mais aussi par le fonds Orange Digital Ventures, entré au capital l’an dernier. L’équipe en place devrait rester aux commandes et bénéficier de synergies et de nouveaux moyens pour son développement en s’adossant à un groupe bancaire. « Huit ans après notre lancement, c’est un deuxième cycle qui s’ouvre désormais pour nous », a commenté Vincent Ricordeau, co-fondateur et président-directeur général de KissKissBankBank & Co.

L’avenir des fintechs réside-t-il dans le rachat par des grands groupes bancaires ? Probablement, si l’on regarde le nombre d’opérations de ce type qui ont eu lieu ces derniers mois. Ainsi, après BNP Paribas qui rachète Compte Nickel ou encore Natixis qui acquiert Dalenys, la tendance semble s’installer. Il vrai que ces nouveaux venus viennent perturber les modèles classiques des banques qui se sont toujours développées sur les produits à destination des clients, et moins sur leurs modes de consommation.

Par ailleurs, les établissements financiers doivent faire face à des réglementations qui viennent sabrer leurs budgets. Il est donc souvent plus simple pour eux de mettre la main sur une entreprise et une technologie déjà bien installées dans le paysage avec des business models qui fonctionnent.

Encore faut-il que la greffe prenne, ce qui semble loin d’être acquis, les start up étant peu contraintes par les règles lourdes de fonctionnement et les compliances pesantes présentes dans les banques. Dans un article paru début mai dans Financial News, les banquiers interrogés par les journalistes étaient quelque peu sceptiques quant à la réussite de ces intégrations qui mettent « au moins 18 mois », pour que les start up acquièrent « l’état d’esprit » des grandes banques. Tous soulignaient surtout la nécessité de trouver le bon interlocuteur au sein de la banque pour que la fintech soit clairement comprise et intégrée. Un interlocuteur pas toujours évident à trouver, dans un grand groupe peu formé à ces nouvelles pratiques.

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