Feuilleton de l'été
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Franck Riboud, la passion du golf, une histoire de famille
Si Franck Riboud fréquente les 18 trous depuis tout petit, le goût du club et de la petite balle blanche ne naît chez lui que plus tard. « Mon père avait une très grande culture golfique », confie-t-il dans une interview. « Il est de Lyon et avant-guerre, il jouait à Saint-Genis-Laval ». Antoine Riboud donc, patron tout aussi mythique que son fils aujourd’hui, fondateur du groupe industriel verrier BNS, qui prend en 1994 le nom de Danone, est, le premier, un adepte des greens.
Adolescent, Franck lui, préfère les cimes et leur neige fraîche aux bunkers lyonnais, et fait même partie de l’équipe de France de ski citadine et du ski club de la Croix-Rousse ! « J’ai toujours connu le golf, mais je m’y suis mis sur le tard, à 30 ans », admet-il. Il se rappelle d’ailleurs qu’enfant, il se faisait souvent punir avec son frère Gilles parce qu’il jouait au foot dans les bunkers à Villette d’Anthon. « Pour nous, ce n’était pas un sport. Alors que mon père, lui, a toujours joué au golf » !
Vers la trentaine pourtant, il commence à fréquenter les greens un peu plus assidûment et monte rapidement dans le classement. Si de nombreux PDG sont des golfeurs aguerris, tels que Patrick Kron et Sébastien Bazin, Franck Riboud peut se targuer d’être celui qui possède le meilleur index, moins de dix au-dessus du par, classement attribué aux joueurs les plus doués. Mais l’homme fort de Danone reste modeste, déclarant jouer « comme une pelle » et préférer les terrains plats aux greens en pente. Un sport devenu une véritable passion donc, qu’il partage avec sa femme Sandrine Mendiburu, championne de golf, elle-même fille d’un ancien professeur devenu directeur du célèbre Club d’Arcangues, dans le Pays Basque. Leur fils Hugo a visiblement mordu à l’hameçon puisqu’il est à quinze ans l’un des bons espoirs du swing français.
Sport de cœur pour Franck Riboud, le golf fait également partie intégrante du business de Danone : dès 1970, BNS prend le contrôle de la Société des eaux d’Evian, et hérite du même coup de l’exploitation du célèbre terrain de jeu au bord du lac. Mais si Franck Riboud est un passionné, il aime à répéter que « le golf n’est pas la danseuse du président », et que l’entretien du club et l’organisation de la compétition s’inscrivent « dans un contrat qui lie les eaux d’Evian à la ville et prévoit des animations ».
C’est tout de même l’intérêt familial pour ce sport d’élite qui permet au golf d’Evian, troisième plus vieux terrain de France, d’acquérir progressivement une renommée internationale : en 1992, les Riboud (Antoine reste à la tête du groupe jusqu’en 1996) décident de rénover le parcours et lancent deux ans plus tard le premier tournoi « pro-am » féminin. Portée par des figures médiatiques du golf féminin, telles qu’Helen Alfredsson et Sandrine Mendiburu, qui en deviennent les ambassadrices, le tournoi prend rapidement de l’ampleur. Au point de devenir vingt ans plus tard la première compétition du Vieux Continent à entrer dans le Grand Chelem féminin, obtenant ainsi le titre de Majeur (plus grands tournois de golf au monde).
C’est pourtant loin de la Savoie, au Club de Saint-Germain près de Paris et surtout d’Arcangues, que Franck Riboud swingue avec le plus de plaisir. Propriétaire d’une maison dans le village basque voisin, il passe la majeure partie de ses vacances là-bas à jouer au golf. Les vues sur les contreforts des Pyrénées valent presque celles du terrain d’Evian sur le vaste lac et les Alpes.
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