Feuilleton de l'été
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Aymeric Ducrocq : l’ami inséparable
A Sciences-Po, Aymeric Ducrocq et Emmanuel Macron étaient déjà inséparables. Très vite, le courant était passé entre eux, tissant un lien aujourd’hui toujours aussi tenace, même si les nouvelles fonctions présidentielles du second le rendent moins disponible. L’ENA une école d’exception difficile ? Pas pour Aymeric Ducrocq qui se souvient n’avoir pas tant travaillé que cela, cédant assez souvent aux charmes de l’Académie de la bière. Après ses deux stages en Syrie et dans les Hautes-Alpes, c’est à Strasbourg qu’il se lie aussi d’amitié avec ceux qui allaient devenir « La » bande : Aurélien Lechevallier, Mathias Vicherat, Frédéric Mauget, Gaspard Gantzer et Sébastien Jallet. « Nous étions un groupe soudé. On pensait collectif dans une ambiance vraiment particulière », lance le nouveau responsable d’EDF. L’élection de son camarade Emmanuel l’a en tout cas franchement impressionné. « On pensait bien qu’il était promis à un destin national, mais on ne pouvait pas imaginer qu’il irait aussi haut », ajoute-t-il. Si le tout nouveau Président de la République est moins visible depuis son élection, Aymeric Ducrocq continue de voir ses autres compagnons de promotion. Ils en profitent pour commenter allègrement tous les faits et gestes de leur ancien complice devenu aujourd’hui beaucoup plus sérieux qu’à Strasbourg ou rue de l’Observatoire.
Le parcours d’Aymeric Ducrocq, même s’il ne l’a pas porté sous les ors de l’Elysée n’en demeure pas moins brillant : il a débuté sa carrière en tant qu’adjoint au chef du bureau de l’aide publique au développement au sein du Ministère des Finances, à la Direction générale du Trésor. En 2008, il intègre le Fonds Monétaire International à Washington, au poste d’Administrateur suppléant pour la France.
En septembre 2011 il devient Directeur des participations Industrie au ministère des Finances, au sein de l’Agence des participations de l’Etat (APE). En l’espace de 5 ans, il va voir passer pas moins de… 4 patrons. A son arrivée, il y trouve en effet Jean-Baptiste Comolli bien vite remplacé par David Azéma puis par Régis Turrini qui laissera son siège à l’actuel patron, Martin Vial. « En faisant le choix d’intégrer l’Agence des participations de l’Etat, je voulais me rapprocher de l’économie réelle. Après avoir passé des années passionnantes dans les instances publiques internationales, je souhaitais aborder des sujets plus concrets », lance-t-il. Ce qu’il fera au quotidien en organisant notamment l’acquisition des titres Peugeot, concomitamment avec le Chinois Dongfeng, en accentuant la part de l’Etat dans Renault pour être sûr d’obtenir les droits de vote double et en commençant à vendre certains aéroports régionaux. Une période qui lui laisse de très agréables souvenirs, comme celui d’être en contact fréquent avec Emmanuel Macron, alors locataire de Bercy.
Depuis le printemps 2017, il s’occupe des fusions-acquisitions chez EDF. « J’avais envie de me mettre davantage en risque tout en restant au service de l’Etat », confie-t-il. Le challenge est de taille : il doit organiser la cession de 10 milliards d’euros d’actifs non stratégiques d’ici à 2020 tout en procédant en parallèle à des acquisitions. En clair, il est chargé de réduire l’endettement de l’énergéticien et de lui trouver de nouvelles ressources. Un défi de taille à l’heure où EDF traverse une période particulièrement tourmentée dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire française. Malgré sa lourde charge et de l’attention toute particulièrement que doit lui témoigner Jean-Bernard Lévy, Aymeric Ducrocq, père de deux enfants, trouve le temps de s’échapper pour vivre d’autres moments forts : il vient de faire un voyage au Kenya avec son fils aîné de 9 ans, histoire de se retrouver en tête-à-tête avec lui et de se forger d’inoubliables souvenirs.
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