Feuilleton de l'été
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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA: Florence Gourgeon : Une littéraire férue de techno
Chez Thales, Florence Gourgeon en est déjà à son troisième parcours. A 44 ans, cette férue de danse bretonne peut se prévaloir d’avoir déjà bien mené sa barque : elle a commencé par obtenir une agrégation de lettres classiques et enseigner cinq ans en Bretagne. Mais très vite, elle a l’impression de tourner en rond et se dirige vers l’ENA avec la volonté de continuer à participer à la vie publique.
De cette période, elle conserve un souvenir assez précis où le travail l’emportait sur toute autre forme de distraction. « Et même si tout le monde s’en défendait, chacun pensait énormément à son classement de sortie », lance-t-elle. Elle se souvient aussi du vote extrêmement serré pour le choix du nom de la promotion. « On hésitait entre Antigone et Senghor. La première avait l’inconvénient d’être en lutte contre le système, alors que le second venait de mourir et personnifiait le brio de la francophonie. C’est donc lui qui l’a finalement emporté ».
Après ses deux stages à Quimper et à l’ambassade de Rabat, son passage à Strasbourg ne laisse, en revanche, pas beaucoup de traces dans sa mémoire. Il faut dire qu’elle était alors déjà âgée de 30 ans, mariée et qu’elle rentrait tous les week-end chez elle en Bretagne. « Emmanuel Macron, je le voyais de loin, mais nous n’étions pas proches. D’autant que notre promotion était exceptionnellement fournie », assure-t-elle. Parmi ses amies, Vanessa Gouret avec laquelle elle avait fait Sciences-Po Rennes et devenue conseillère économique et financière au service économique de New York.
A sa sortie en 2004, elle intègre la direction du Budget en tant qu’adjointe au chef du bureau recherche et innovation. Elle était plus particulièrement en charge du suivi des grands établissements de recherche (CNRS, INRA, INSERM, CNES). De 2007 à 2009, elle devient conseillère technique au cabinet d’Eric Woerth, alors ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique. Elle était en charge des budgets des collectivités locales, du ministère de l’Intérieur et de l’Outre-mer, de la Justice et des services du Premier ministre. Elle devient, en parallèle, administratrice civile et se plaît surtout dans la mobilité. Ce qu’elle va amplement démontrer en choisissant de faire le grand saut dans le privé en 2010 pour atterrir chez Thales, où elle est toujours.
Ce qui lui a plu dans cette société ? La diversité de ses métiers lui assurant de pouvoir évoluer, sa taille et son actionnariat, Florence Gourgeon souhaitant quand même rester au service de l’Etat. Ce qui la tentait aussi, c’était d’intégrer un groupe technologique, elle qui avait commencé par faire des études littéraires puis dédiées à la fonction publique. « Ce que je voulais, c’est aller vers d’autres terres, élargir mes horizons. Thales, qui en était au début de sa politique de diversité des profils en termes de genre, d'origine et de formation, était un terrain de choix. Cet axe s'est d'ailleurs très fortement développé sous la houlette de Patrice Caine. Et ce, parce qu’il est persuadé que des équipes mixtes permettent de surperformer à tous les niveaux », ajoute Florence Gourgeon, aujourd’hui vice-présidente Support & Service Client, pour les activités Communications et Sécurité de Thales.
En plus des activités classiques de maintenance des solutions de radiocommunications, Florence Gourgeon gère également « les services opérés», activité qui consiste à envoyer sur le théâtre d'opérations des équipes qui opèrent les systèmes de communication et de protection de Thales pour le compte de ses clients. C’est le cas pour l'OTAN ou l'ONU mais aussi sur le nouveau site du ministère des armées à Balard.
Grande lectrice, cette parisienne d’origine aime aussi jouer de l’accordéon diatonique, cet instrument dédié au folklore breton, l’occasion pour cette mère de trois enfants et bientôt quatre de continuer à rêver de cette région qu’elle affectionne tout particulièrement. « J’ai la chance d’avoir une vie professionnelle et personnelle très équilibrée et de n’en sacrifier aucune. C’est d’ailleurs un message très rassurant que je transmets à de jeunes collaboratrices de Thales dans le cadre de séances de mentoring que le groupe organise pour les appuyer dans leur développement professionnel », confie-t-elle.
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