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Feuilleton de l'été

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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA: Sébastien Veil, un passionné d'action publique passé dans le private equity

Le petit-fils de Simone Veil est un multi-diplômé qui s’est très tôt investi en politique pour participer à la campagne de Nicolas Sarkozy. Après le traditionnel passage en cabinet, il s’est plongé dans le private equity, chez PAI Partners puis Advent, afin d'être en prise directe avec le tissu économique français.

 Sébastien Veil et Emmanuel Macron ont au moins un point commun : un physique de fringant jeune premier, sur qui les années n’ont pas de prise. Le petit-fils de Simone Veil s’est pourtant déjà tracé une carrière prestigieuse, entre politique et action économique dans le privé. Dès le plus jeune âge, celui qui reconnaît bien volontiers avoir baigné dans un univers d’énarques et d’intellectuels passionnés de politique, a multiplié les diplômes : après une Hypokhâgne à Henri IV, il intègre Sciences Po en même temps que Normale Sup, puis enchaîne sur un DEA d’économie afin d’approfondir l’économie théorique. Satisfait de la complémentarité de ses études, il passe l’ENA un peu par hasard et sort au Conseil d’Etat, où il commence à travailler en droit social, puis devient rapporteur au Conseil de la Concurrence.

Dès sa sortie de l’ENA en 2004, il s’investit en politique : face au sentiment que la France va mal et qu’il est urgent de réformer, il contacte directement Nicolas Sarkozy, qui selon lui incarne le changement dont la France a besoin. Il commence alors à travailler pour lui les soirs et week-end pour construire un projet pour le pays. A l'élection de ce dernier en 2007, il le rejoint comme conseiller en charge de la réforme du droit du travail, avec les problématiques de service minimum ou les négociations entre partenaires sociaux. Mais le gouvernement a seulement voté la réforme du licenciement individuel, avec la création de la rupture conventionnelle, et non celle du licenciement collectif. Une occasion manquée selon Sébastien Veil, et qui est aujourd’hui agressé par la loi El-Khomri.

Après un peu plus d’un an de cette riche expérience, l’homme choisit de partir, afin de se nourrir du privé pour bien comprendre l’Etat. « Je voulais rencontrer les entreprises et dirigeants sur le terrain, avoir une utilité sociale et un poste d’observation unique sur l’économie française », explique-t-il. Il se tourne tout naturellement vers le non coté : « le private equity participe à la bonne allocation des capitaux à l’échelle mondiale, il permet d’identifier les marchés, secteurs et entreprises qui en ont besoin pour y diriger l’épargne », selon lui. Il est recruté par PAI Partners, le leader d’Europe continentale, une semaine avant la chute de Lehman Brothers. Et est rapidement confronté à une restructuration sensible : Monier, l’ex-Lafarge Roofing, dossier où les banques créancières agitent le chiffon rouge à propos de la Société Générale. Un apprentissage accéléré pour le nouveau venu dans le private equity. En parallèle, il œuvre sur des deals très diversifiés : les laboratoires Cerba, le groupe de location de matériel Kiloutou, les centres d’appels Connecta en Espagne etc.

Un an plus tard, PAI Partners vit un séisme avec la fronde interne, le départ des deux fondateurs et le déclenchement de la "keyman clause". Près de disparaître, il doit son salut à l’arrivée de Lionel Zinsou, « un économiste et un esprit brillant », selon Sébastien Veil. La firme renaît et, après près de huit ans de bons et loyaux services, il cherche plus d’autonomie et une dimension internationale. Approché par un chasseur de tête, il cède aux sirènes d’Advent International, un poids lourd mondial du private equity – son dernier fonds atteint 13 milliards de dollars - qui emploie 30 nationalités différentes dans 40 pays.

Les deux firmes ont un point commun : une approche sectorielle, indispensable pour être crédible selon le gérant. Le fondateur d’Advent International, Peter Brooke, vient du venture – d’où le penchant pour les IPO dans la maison, qui représentent près d’une sortie sur deux- et a un prisme européen, et qui a notamment aidé à la création de Sofinnova en France. Advent organise aussi des thèses d’investissement car, « dans un univers où tout coûte cher, il est important de se démarquer ».

Emmanuel Macron dans tout cela ? Un camarade de prépa à 18 ans seulement, qui se démarquait déjà en déclamant du René Char. Il le retrouve à Sciences Po et convainc le jeune homme, aux côtés d’Aurélien Lechevallier, de se lancer dans le service public. A l’ENA, il se dégage par sa grande empathie, sa capacité à se lier d’amitié avec des personnes de tous âges. Mais aussi farceur, lorsqu’il met un rat dans le casier de Sébastien Veil ou cache des lettres d’amour signées de lui pour les étudiantes de l’ENA. Après l‘administration, Emmanuel Macron entre chez Rothschild, où avec son caractère affable – couplé à son passage à la commission Attali-, il s’attire la sympathie des grands patrons. « Avant d’entrer chez Advent, j’ai proposé à Emmanuel de l’aider dans sa campagne sur des sujets culturels. Il voulait réformer la France avec des gens de droite et de gauche », relate son ami, féru d’opéra et de ballet et administrateur du théâtre du Châtelet. Comme beaucoup, il appréciait le personnage, sans penser qu’il aurait  véritablement ses chances. Mais après l'élection, il n'a pas souhaité rejoindre son ami. Une volonté ferme de respecter ses engagements envers Advent, lié à ses valeurs familiales sans aucun doute.

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