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60% des britanniques en faveur d'une intervention armée contre Daech
La presse britannique se fait l’écho aujourd’hui des déclarations de son premier ministre à Paris, qui a affirmé approuver « fermement » l’action de la France après les attentats. «C’est également ma ferme conviction que le Royaume-Uni doit faire de même », a déclaré David Cameron à l’issue d’un entretien avec François Hollande, qu’ont relaté la plupart des quotidiens locaux. Le premier ministre a ajouté qu’il présenterait sa stratégie sur le sujet devant les parlementaires britanniques, « dans les jours qui viennent ».
Alors que le Parlement anglais avait refusé de bombarder les forces d’El Assad en août 2013, ce qui avait alors constitué un véritable camouflet pour les conservateurs au pouvoir, les lignes semblent avoir évolué, du moins dans l’opinion des électeurs. Si l’on en croit le dernier sondage du Sunday Mirror, 46% des personnes interrogées estiment que la Grande-Bretagne devrait rejoindre la Russie, la France et les Etats-Unis dans leurs frappes aériennes contre Daech. ¼ d’entre elles cependant, estiment qu’il faut à tout prix éviter le fiasco de la guerre en Irak. Selon une autre enquête menée par le Daily Mail, c’est même 60% de la population britannique qui est pour un bombardement de l’Etat islamique, quand 50% soutiennent une intervention au sol. Si 35% des électeurs britanniques estiment que leur intervention renforce le risque pour leur pays de subir des attaques similaires à celle de Paris, ils semblent désormais prêts à soutenir leur premier ministre.
Selon un article du magazine de gauche NewStatesman, il n’est plus possible pour la Grande-Bretagne de ne pas intervenir dans la guerre contre Daech. « Quand il s’agit de répliquer contre l’Etat islamique, il n y a pas de position intermédiaire possible », explique l’éditorialiste John Bew. « Déjà, avant les attaques de Paris, la Grande-Bretagne était en train de s’approcher d’un carrefour », au sujet de la décision d’entrer ou non en guerre contre Daech. Selon le journaliste, les attentats du 13 novembre ont accéléré le processus et la Grande-Bretagne ne peut plus repousser à plus tard sa décision. « L’introspection prolongée des parlementaires est irresponsable et questionnable d’un point de vue moral », s’inquiète John Bew. De deux choses l’une poursuit-il. Soit la Grande-Bretagne rejoint la France, la Russie et les Etats-Unis, soit elle fait le pari que les autres feront le travail pour elle, en se contentant de renforcer son contrôle aux frontières et espérant que la barrière de la Manche la protège.
Le problème est que les travaillistes ne sont pas encore tous convaincus de la nécessité de rejoindre la France contre Daech, d’où la prudence de David Cameron ce matin à Paris, qui a précisé que sa décision dépendrait du vote du Parlement. Celui-ci devrait avoir lieu avant Noël, selon la presse. Selon NewStatesman, la coalition prénommée « Little Englander » qui rassemble tous les députés opposés à une intervention britannique, a grossi depuis le refus d’août 2013. Le premier ministre anglais a donc deux options : utiliser les « prérogatives royales » pour entrer en guerre sans l’aval du Parlement au motif qu’un des alliés de son pays a été attaqué. Mais les journaux estiment que Cameron a trop attendu pour brandir cette arme législative. Ou tenter de convaincre les députés de l’urgence d’intervenir. Mais là encore, les quotidiens estiment que Cameron a peu de chance d’y parvenir. « Notre coopération risque de se limiter à celle des services secrets, comme c’est de plus en plus le cas pour notre pays, en véritable perte d’influence sur la scène diplomatique », conclut NewStatesman. Selon le Sunday Mirror, si l’ONU vote une résolution en faveur d’une intervention, comme le souhaite la France, les MPs travaillistes pourraient cependant changer d’avis et accepter que leur pays entre en guerre.
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