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Le "phénomène Merkel" conserve son poste

La Chancelière a officiellement débuté son quatrième mandat et le gouvernement a été formé. Les médias allemands sont parfois interrogatifs, parfois critiques sur les personnes nommées. Tour d'horizon.
Angela Merkel
Angela Merkel

« Le phénomène Merkel », comme l'appelle la Frankfurter Allgemeine Zeitung, a débuté officiellement ce mercredi son quatrième mandat en temps que Chancelière de la République fédérale allemande. L'éditorialiste Günter Bannas estime cependant que s'ouvrent « des temps difficiles ». Pour le Handelsblatt, la Chancelière a « payé le prix cher » pour son maintien au pouvoir : « elle a dû sacrifier ses proches Thomas de Maizière, Hermann Gröhe et également le poste de ministre des Finances, et, avec ce dernier, Wolfgang Schäuble. Ensuite, en plus du ministère des Finances, il a fallu le ministère de l'Intérieur pour un des plus petits partenaires de la coalition. Et au final, elle a dû signer un contrat de coalition qui est à 70% empreint de social-démocratie ».

Quoi qu'il en soit, le nouveau gouvernement Merkel va donc rapidement pouvoir se mettre au travail, avec en tant que vice-Chancelier et ministre des Finances Olaf Scholz, maire de Hambourg, SPD. Proche dans les idées de l'ancien Chancelier Gerhard Schröder, il a été par le passé secrétaire général de son parti. Mais le Spiegel s'interroge... « Olaf – qui ? » « Pendant des mois, Bruxelles a dû attendre les Allemands, maintenant le contrat de coalition existe enfin. Le soulagement pour les partenaires de l'UE est grand – mais beaucoup sont curieux de qui est le désigné ministre des Finances ». Si le Spiegel souligne ses compétences sur les finances, « sur le sujet de la politique européenne, l'homme du SPD est encore inexpérimenté ». « Personne ne sait comment il va procéder à Bruxelles ». Sa nomination a évincé Peter Altmaier, qui assurait l'interim depuis le départ de Wolfgang Schäuble. Ce fidèle de Merkel a obtenu l'Economie, un poste de second choix.

Horst Seehofer, dirigeant de la CSU, l'influente alliée de la CDU en Bavière, a réussi à obtenir le ministère de l'Intérieur et du « Heimat », la patrie. Un terme qui renvoie à l'identité personnelle et l'attachement au pays mais ne fait pas l'unanimité dans son utilisation politique, laissant craindre une connotation identitaire, dans un pays déchiré sur la question de l'accueil des migrants. Dans les colonnes de l'édition dominicale du Bild, avant même sa nomination officielle, Horst Seehofer a promis la « tolérance zéro » à l'encontre des délinquants, ainsi qu'un « plan d'envergure » sur les demandes d'asiles et « une politique d'expulsions plus conséquente ».

Jens Spahn, 37 ans, rejoint la Santé. Le jeune ministre CDU, très conservateur, s'est régulièrement opposé à la Chancelière et affiche de l'ambition au sein de son parti. Avant même son entrée en poste il a joué la provocation en déclarant que les bénéficiaires du chômage (Hartz-IV) « ne peuvent être considérés comme pauvres puisque leurs besoins principaux sont assurés ».

Les Affaires étrangères reviennent à Heiko Maas, SPD et ancien ministre de la Justice, qui, pour la presse allemande, sort grand vainqueur des conflits entre Sigmar Gabriel et Martin Schulz. La diplomatie sera pour lui « un sujet nouveau », explique la Sueddeutsche Zeitung, dans une période « instable » avec la guerre commerciale de Donald Trump et les tensions entre la Russie et la Grande Bretagne.

Ursula von Der Leyen (CDU) et Gerd Müller conservent leurs postes, respectivement à la Défense et au Développement. Au Travail et aux Affaires sociales, c'est Hubertus Heil, SPD, qui prend les rennes. Avec un défi principal : la refonte du système des retraites. Tous vont rapidement se mettre au travail, promettent-ils, après 6 mois d'âpres négociations. Heiko Maas est déjà venu à Paris ce mercredi soir, pour s'entretenir avec Jean-Yves Le Drian, et la Chancelière Merkel effectuera sa première visite officielle de son 4ème mandat à Paris, vendredi.


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