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Hinkley Point : le contrat enfin signé
Il aura fallu 10 ans pour aboutir à ce jour J. Dix ans de négociations, rebondissements et autres aléas avant de pouvoir arriver à un accord commun. Le projet de centrale nucléaire dans le sud-ouest de l’Angleterre, valorisée pas moins de 18 milliards de livres, verra bien le jour dans dix ans si tout va bien. Le Français EDF et son partenaire Chinois viennent de signer aujourd’hui l’accord portant sur la construction de ces deux réacteurs nucléaires EPR, à Londres. Et ce, dans les conditions dictées par les britanniques. Le gouvernement de Theresa May s’est, certes, engagé à garantir le prix du courant sortant des deux EPR à 92,50 livres le Megawat/heure quelque soit le prix du marché. Mais en amont, l'exécutif britannique a mis deux conditions à la réalisation de ce projet. D’une part qu’EDF s’engage, pendant la période de construction, à ne pas céder le contrôle de la société NNB Generation Company (la société créée pour l’occasion) sans son accord. Par ailleurs, le Groupe s’engage à ne pas recourir, à ce stade, à la première tranche (2 Md£) de la garantie Infrastructure and Projects Authority (« garantie IPA »,) consentie par le Trésor britannique. Conditions que le conseil d’administration d’EDF a officiellement acceptées.
Du coté français, ce projet est vivement critiqué par plusieurs parties, à commencer par les salariés du groupe qui y voient une mise en danger de la stabilité financière du groupe. Un avis partagé par les agences de notation, S&P ayant dégradé la note d’EDF le 21 septembre dernier et Moddy’s ayant fait de même ce matin. La note d’EDF passe ainsi de A2 à A3 pour la dette senior de long terme, et de Prime-1 à Prime-2 pour la dette de court terme. Le Comité d’entreprise a aussi mis en avant ce danger pour la santé financière du groupe devant la justice, qui devrait rendre son verdict le 27 octobre. Pour un porte parole de l’électricien français, « si le jugement donne raison au CE, nous ne risquons qu’une amende, pas l’arrêt du projet ». Enfin, même au niveau des décisionnaires d’EDF, ce projet est loin de faire l’unanimité. En début d’année, le directeur financier, Thomas Piquemal, avait claqué la porte, avant que l’un des administrateurs, nommé par l’Etat fasse de même en juillet dernier. Tous deux, soulevaient le problème de l’équilibre financier du groupe s’il s’engageait dans une telle opération.
Du coté britannique, ce projet ne fait pas non plus l’unanimité. En vendant le megawat à un tel prix, certaines études estiment que le contribuable anglais devra mettre 100 milliards de livres de sa poche sur les trente-cinq ans du contrat. Une vision relayée par les organisations écologistes comme Greenpeace, dont le directeur exécutif, John Sauven estime que « le gouvernement britannique s'apprête à engager des milliards d'euros payés par les contribuables sur un projet qui se heurte à des problèmes légaux, financiers et techniques ». Au final, seule la partie chinoise de cet accord à trois n’a pas bronché, si ce n’est pour s’insurger contre le gouvernement May qui s'est fait tirer les oreilles pour donner son accord en raison de la présence d'intérêts chinois.
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