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Les bonus accordés aux dirigeants d'Abengoa déclenchent la polémique
Il n’y a pas qu’en France que les sujets de bonus déclenchent l’ire des instances ministérielles et du grand public : le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a dénoncé mercredi le montant « peu présentable » des indemnités qui auraient été versées à des dirigeants du géant énergétique espagnol Abengoa, au bord de la faillite. Le fils du fondateur de la société, a ainsi perçu une indemnité de départ de 11 millions d'euros lorsqu'il a été poussé à la démission en septembre, a révélé l’avocat des détenteurs d’obligations, Felipe Izquierdo, qui a déposé plainte. L'ancien directeur général d'Abengoa, parti en mai, a touché, de son côté, 7,7 millions d'euros - indemnité et bonus – a également précisé l’avocat.
La plainte déposée lundi à Madrid par maître Izquierdo dénonce des faits relevant de la "gestion déloyale" et du "délit d'initié" et vise l'ex-président d'Abengoa et l'ancien directeur général. L'avocat juge que ces sommes « exorbitantes » sont indécentes face à la situation de l’entreprise, en situation d’insolvabilité depuis quelques jours et alors qu’un gros plan social se profile à l’horizon.
Présente dans 80 pays, Abengoa compte 28.700 employés dans le monde et plus de 600 filiales, dans les secteurs de l'énergie solaire et éolienne, des biocombustibles ou du traitement de l'eau. Le 25 novembre, la maison mère et 25 filiales se sont déclarées en "pré-dépôt de bilan". Le groupe dispose d'un délai de trois mois, prolongeable d'un mois, pour s'accorder avec ses créanciers. Si l'entreprise se déclarait en faillite, ce serait l'une des plus importantes procédures de cette nature jamais enregistrées en Espagne.
La dette nette d'Abengoa s'élevait à plus de 6 milliards d'euros au 30 septembre. Luis de Guindos a plutôt évoqué récemment « un endettement en dizaines de milliards » d'euros tandis que l’avocat des obligataires soutient que la dette se monte même à plus 25 milliards.
Ce sujet devrait également donner du grain à moudre aux régulateurs européens qui tentent d'encadrer les bonus accordés aux dirigeants d'entreprise, de manière à éviter ce genre d'exemple désastreux pour l'image d'une industrie et d'un pays.
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