L'alter ego de Trump arrive à la Maison Blanche
« Le plus Trumpien des choix de Donald Trump ». La réaction de la presse américaine a été à la hauteur du nouveau coup d’éclat du Président : ce dernier a nommé un homme d’affaires novice de l’administration comme directeur de la communication, provoquant la démission de son responsable des relations presse, le très parodié Sean Spicer. Ce dernier, qui a occupé plusieurs postes au sein du parti républicain lorsqu’il était dirigé par Reince Priebus -devenu le directeur de cabinet de la nouvelle administration- n’a pas supporté que lui soit imposé un animal de Wall Street, aussi brusque et sans concessions que le locataire de la Maison Blanche.
A 53 ans, Anthony Scaramucci est lui aussi figure du « marécage » que Donald Trump s’était engagé à assécher. Après des études de droit à Harvard, il a commencé sa carrière chez Goldman Sachs, où son caractère effronté lui a valu d’être engagé, licencié et repris au sein de la banque américaine en une seule année. Celui qui est surnommé le « Mooch », celui qui traînasse, n’a pourtant pas perdu de temps dans les affaires : à 32 ans, il quitte Goldman Sachs pour monter Oscar Capital Management, qu’il revendra à Neuberger Berman, puis lors du rachat de ce dernier, passera dans le giron de Lehman Brothers en 2003. Deux ans plus tard, il se lance à nouveau et crée Skybridge Capital, une firme alternative qui investit notamment dans des hedge funds.
Rompu aux négociations musclées et adepte de l’attention médiatique, Anthony Scaramucci est un iconoclaste aux manières directes, qui est réputé proche du Président et de sa famille. Ivanka Trump et son mari, Jared Kushner, auraient d’ailleurs appuyé sa nomination. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi : en 2015, alors que le candidat est au plus bas dans les intentions de vote, le financier qui travaille pour la campagne de Scott Walker le traite d’ « amateur », un terme pour lequel il s’est ensuite excusé. Il a ensuite rallié la campagne Trump et devient un élément-clé pour articuler sa stratégie pour relancer l’économie.
Après l’élection, il est promis à un haut poste dans le nouveau cabinet, mais est ensuite rejeté en raison de ses liens financiers, qu’il n’a pas su écarter d’emblée. Il obtient finalement un poste très exposé quelques mois plus tard : son prédécesseur, Michael Dubke, a présenté sa démission fin mai, lorsque le scandale de l’ingérence russe a commencé à prendre de l’ampleur. Cette fonction aurait été proposée à plusieurs profils, qui ont décliné en raison de la situation très complexe à laquelle fait face l’administration.
Mais contrairement aux politiciens pur jus, Anthony Scaramucci n’a pas peur de soutenir Donald Trump envers et contre tout. Il s’y est employé sur de nombreux plateaux de télévision dans les derniers mois, et a grâce à cela emporté la reconnaissance du Président, de plus en plus malmené. Il compte rester sur cette ligne et, comme il l’a déclaré à propos de son entretien d’embauche avec Trump, a l’intention de le laisser s’exprimer et être lui-même. Tout un programme pour les prochains mois.
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