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Joël Chapellier : banquier de banquiers chez JP Morgan

Ce Français est à la tête des fusions et des acquisitions pour les établissements financiers en Europe depuis 2016. Avec les équipes de JP Morgan, il a travaillé sur des deals importants comme la cession de Pioneer pour Unicredit ou la création de la Banque Postale. Son crédo ? Clients first.
Joël Chapellier
Joël Chapellier

A 51 ans, Joël Chapellier est loin d’être lassé par son métier. Celui qui est responsable EMEA des fusions et des acquisitions de JP Morgan pour les établissements financiers depuis 2016 aime apporter son expertise à ses clients, qui sont sa priorité professionnelle. « Chaque deal est une aventure. Quand on revoit les clients, on se rappelle nos aventures ensemble, qui sont aussi un peu parfois nos guerres. Il y a des opérations emblématiques, des deals uniques et des plus petits mais qui peuvent être aussi étonnants et intéressants intellectuellement », rapporte le banquier. Au sein de la banque américaine, il a notamment travaillé sur la cession des activités financières de GE Capital en Europe, la cession de Pioneer pour Unicredit, l’introduction en Bourse d’ALD et les ventes de participations minoritaires du Crédit Agricole (Banque Saudi Fransi et Eurazeo).

Sa valeur ajoutée ? Joël Chapellier se l’est construite au fil des années. D’abord, lors des dix printemps qu’il a passés chez Arthur Andersen, à sa sortie de Sup de Co Lyon. Celui qui durant ses études était plus porté sur la moto et sur le ski que sur ses cours, s’y est très vite plu : « Je me suis beaucoup occupé du secteur institutions financières. J’avais des dossiers passionnants, avec beaucoup de transactionnel », raconte l’intéressé, qui a alors appris à aller au fond des sujets. « Quand on est banquier, on doit être technique, surtout dans le monde financier, qui n’a pas la même comptabilité que d’autres secteurs et qui a des contraintes réglementaires spécifiques. Il faut comprendre aussi la logique industrielle des transactions dans un secteur financier où il y a des dizaines de sous-secteurs d’activités », ajoute notre interlocuteur. A l’époque de la consolidation du marché, il a apporté son concours sur une vingtaine de transactions dont la privatisation du CIC, l’acquisition d’Indosuez ou encore pour les projets d’acquisition du Crédit du Nord et de la Société Marseillaise de Crédit.

C'est en travaillant sur des opérations que Joël Chapellier a rencontré ses futurs employeurs. Alors qu’il est promu en juin 1999 Partner chez Arthur Andersen, il accepte la même année une proposition de JP Morgan et s’envole pour Londres, où il restera jusqu’en 2005. Un choix plutôt bien senti, quand on sait l’avenir qui a ensuite été réservé à son ex-cabinet et la montée en puissance de JP Morgan. « Après l’offre publique sur la Société Générale et la fusion de BNP avec Paribas, je me suis dit que jusqu’à cette opération beaucoup de transactions se faisaient de gré à gré et que la période qui s’ouvrait allait vers davantage de transactions par les marchés, ce qui faisait plus appel aux banques d’affaires qu’aux cabinets d’audit », commente le banquier.

A l’occasion de tous les deals sur lesquels il a travaillé, Joël Chapellier a rencontré de nombreux dirigeants, avec lesquels il a tissé des liens de confiance. C’est le cas d’Yves Perrier, l’actuel homme fort d’Amundi, qu’il a croisé lors de l’acquisition du Crédit Lyonnais par le Crédit Agricole ou lors de la création d’Amundi puis de son IPO. Il a aussi pu traiter avec Marie Cheval (aujourd'hui chez Carrefour), lors de la construction de la Banque Postale, puis à la Société Générale. Banque rouge et noire où il connaît bien Frédéric Oudéa puisqu’il a participé à l’augmentation de capital à la suite l'affaire Kerviel, ou encore au partenariat en crédit à la consommation avec la Banque Postale.

Tout est une relation de confiance, martèle Joël Chapellier. « Les deals dont on se rappelle le plus, c’est ceux où on a dit à nos clients qu’il ne fallait franchement pas les faire. Ça marque les esprits des deux côtés. On renonce à nos success fees mais on gagne en confiance », précise le banquier. Et d'ajouter que JP Morgan est une institution qui permet d’aller dans ce sens. « On est dans une banque où on a à peu près tout. On a une plateforme extrêmement puissante, avec des équipes qui peuvent nous apporter l’ensemble des informations et des solutions de marchés, ce qui nous met en bonne position pour essayer de délivrer au mieux les bons diagnostics et les meilleures solutions à nos clients. C’est la partie plaisante du métier », poursuit Joël Chapellier. C’est d’ailleurs aussi pour cela que notre banquier est resté fidèle à son établissement. « C’est comme au foot. On préfère jouer dans l’une des meilleures équipes. »

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