Retraite supplémentaire : Proxinvest trouve à redire chez Sanofi
Cet après-midi, l’assemblée générale de Sanofi se tiendra au Palais des Congrès de Paris. Ce grand raout annuel sera l’occasion pour les actionnaires de se prononcer sur 25 résolutions. Les porteurs de parts diront s’ils souhaitent renouveler l’administratrice indépendante Fabienne Lecorvaisier et s’ils valident l’arrivée de Bernard Charlès, DG de Dassault Systèmes, et de Mélanie Lee, directrice scientifique de BTG, au conseil d’administration. Il est également prévu que les investisseurs se prononcent sur les fiches de paie via quatre « say on pay » concernant les politiques de rémunération et les éléments dus ou attribués au titre de 2016 à Serge Weinberg et Olivier Brandicourt, respectivement président et DG de Sanofi.
La société de proxy, Proxinvest, qui passe au crible tous les points des assemblées générales et n’hésite pas à servir de poil à gratter sur les sujets de gouvernance, a trouvé à redire sur le régime de retraite supplémentaire d’Olivier Brandicourt. Via une résolution, Sanofi introduit une condition de performance à l’acquisition de nouveaux droits au régime de son directeur général. Dans son exposé, le groupe précise que « l’engagement pris au bénéfice d’Olivier Brandicourt en matière de retraite supplémentaire n’entre pas dans le champ d’application de la Loi Macron quant à l’exigence de subordonner le bénéfice des engagements en matière de retraite au respect de conditions de performance ». Néanmoins, Sanofi a décidé d’introduire une condition de performance -modification soumise au vote des actionnaires ce mercredi.
« Proxinvest s’étonne surtout du fait que la société propose aux actionnaires d’approuver la modification d’une convention que la société n’a toujours pas daigné faire approuver à ses actionnaires », souligne la note publiée hier par Proxinvest. La société de proxy précise que la convention permettant à Olivier Brandicout de bénéficier d’un régime de retraite supplémentaire a été mise en place en février 2015 mais que le groupe « s’est toujours refusé à la faire approuver par ses actionnaires sous prétexte que le mandat de M. Brandicourt n’avait pas été renouvelé ». Choix qui ne respecterait ni l’esprit de la loi, ni la pratique. Proxinvest -qui s’attend à ce que cette résolution soit votée- propose de s’opposer à l’introduction de cette condition de performance, notamment parce qu’il la trouve trop généreuse. Le proxy précise que le conseil d'administration a octroyé au DG dès son arrivée une ancienneté de 10 ans. Ce à quoi Sanofi réplique que cet élément a été approuvé lors de l'AG 2015.
Par ailleurs, quels sont les critères pour l’application de ladite condition ? Par exemple, si le taux d’atteinte de la part variable de la rémunération est inférieur à 100% de la rémunération fixe, aucun droit en matière de retraite supplémentaire n’est acquis au titre de l’année considérée. « Or, depuis 2009, les bonus attribués à Christopher Viehbacher puis à Olivier Brandicourt ont représenté successivement 200%, 200%, 190%, 181%, 135%, 128%, 166% et 163% du fixe, soit en moyenne 170%. Il s’est donc toujours placé au-delà de la barre de 100% du fixe et est constamment atteint », commente Proxinvest. A voir maintenant les résultats des votes et les échanges avec les actionnaires.
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