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Banque vs FinTech : nouvelle prise de guerre
Ils se sont faits un nom dans la banque, mais c’est aujourd’hui, dans un univers concurrent sur certains aspects, qu’ils entendent poursuivre leur carrière. Dernier exemple en date : celui d’Anshu Jain, ancien co-président du directoire de Deutsche Bank qui rejoint SoFi, la plateforme américaine de prêts étudiants. Pour mémoire, l’homme a dû quitter ses fonctions en fin d’année dernière, faute d’avoir présenté un plan stratégique convaincant avec son homologue. Il n’empêche qu’il s’agit encore d’un banquier expérimenté attiré par les nouvelles technologies. Les opportunités ne manquant pas, il ne devrait pas être le dernier à être tenté par l’aventure.
Anshu Jain n’est déjà pas le premier de la liste. Parmi ses prédécesseurs, on pense à Blythe Masters, ancienne patronne de la division commodities de JP Morgan. Cette dernière est aujourd’hui CEO de Digital Asset Holdings, spécialiste de la nouvelle technologie « Blockchain », censée offrir de nouvelles opportunités notamment aux banques lesquelles ont d'ailleurs investi dans sa firme. Il y a également eu Vikram Pandit, ancien directeur général de Citigroup, et John Mack, ancien patron de JP Morgan, qui ont développé des portefeuilles d’investissement pour les petites entreprises à forte croissance de manière à concurrencer les établissements traditionnels.
Patrick de Nonneville, ancien Partner chez Goldman Sachs, a également joué la carte de la Fintech, en investissant dans Kantox, start-up spécialisée dans la gestion de devises pour les entreprises. L’ex-banquier est également membre du directoire et COO de Lendix, plateforme internet de prêts aux TPE/PME. « Nous n’aimons pas le ‘bank bashing’. Nous sommes convaincus que dans le futur les FinTech seront une histoire de concurrence et de coopération », avait-il déclaré l’an dernier, résumant bien la relation complexe entre ces deux mondes.
Pour sa part, le dirigeant de SoFi, également ex-banquier de son état qui a œuvré chez Wells Fargo, est plus virulent sur le sujet. Les établissements traditionnels sont devenus de « banals services de valeur discutable et de peu de confiance », a ainsi soutenu Mike Cagney, selon des médias anglo-saxons. Précisant que les firmes comme SoFi sont mieux équipées pour répondre aux besoins des clients. A noter que sa société a levé en fin d’année dernière un milliard de dollars, notamment auprès du groupe japonais SoftBank.
Les banques s’inquiètent d’ailleurs de voir leurs talents partir et c’est en partie pour cela qu’elles ont demandé aux régulateurs de ne pas imposer de règles de rémunérations trop contraignantes. En effet, la croissance des FinTech va souvent de pair avec des émoluments à la performance alléchants, alors même que les banques européennes, par exemple, sont limitées à des bonus à deux fois maximum le montant de la rémunération variable. Les financières doivent également composer avec des performances moins florissantes qu'avant la crise, qui sont un argument de moins pour convaincre les nouveaux venus sur le marché du travail.
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