Correction des marchés : les patrons de banques US voient le verre à moitié plein !
Le marché américain ne sait plus où donner de la tête : après avoir perdu près de 600 points, soit 3,5% à la mi-journée, le Dow Jones a finalement récupéré une partie de ses pertes pour clôturer en baisse de 1,5% alors que le pétrole touchait brièvement un nouveau fond, sous les 27 dollars. Et les grandes banques mondiales, qui commencent à publier leurs résultats annuels, sont scrutées de près par les marchés, pour évaluer les niveaux de pertes qu’elles pourraient avoir à provisionner sur leurs prêts à l’énergie. Mais aussi parce qu’étant donné la diversité de leurs activités, elles sont un véritable baromètre, qui pourrait permettre de distinguer une simple correction temporaire d’un début de violente récession, sur le modèle de 2008.
Interrogé dans le cadre du forum de Davos, Jamie Dimon a tenu à rappeler qu’il fallait «distinguer les fluctuations de marché de l’économie globale ». Il juge que l’économie américaine continue à créer des emplois, les dépenses des ménages et de cartes de crédit augmentent, et si la croissance est certes ralentie aux US, en Chine et faible en Europe, il tient à garder un ton optimiste, pariant qu’il s’agit simplement là d’un simple « ajustement » des marchés. Et de conclure « un ajustement violent vaut mieux qu’une lente et douloureuse mort ». Ce dernier a également encouragé le cycle de normalisation monétaire de la Fed, puisque « tant que l’économie est solide, ils devraient relever les taux ». Une tendance qui est certes favorables aux revenus des banques alors qu’à l’inverse, Raymond Dalio, patron du fonds Bridgewater Associates, a estimé que ces secousses pourraient ébranler la confiance et que la Fed devrait rester flexible et même pencher vers un QE pour soutenir les esprits.
De son côté, Goldman Sachs a également publié des résultats médiocres, avec une baisse de 65% du profit au dernier trimestre en raison des charges légales et notamment de l’amende de 5 milliards de dollars dont elle a écopée aux Etats-Unis pour avoir vendu des crédits hypothécaires ayant conduit à la crise financière. Mais à la différence de ses pairs, la banque ne compte pas tailler dans ses activités fixed income, commodities et change, qui ont souffert ces derniers mois. Le trading y a chuté de 8% sur un an au dernier trimestre, en raison de changements structurels dans ce segment, mais le CFO Harvey Schwartz a souligné l’amélioration sur l’année qui pourrait signaler un retournement de cycle. Il s’est également montré bien plus optimiste que ses homologues sur les M&A, malgré la volatilité des marchés.
De son côté, Brian Moynihan, le P-dg de Bank of America Merrill Lynch, a tenu à rappeler que les mouvements concernaient essentiellement les institutionnels, alors que les consommateurs et investisseurs particuliers n’ont pas retiré d’argent des marchés pour le moment. Côté pétrole, il s’est employé à voir le verre à moitié plein, en calculant que le pétrole avait un impact positif de 12 000 milliards de dollars sur la consommation des ménages, soit 20 millions supplémentaires par jour. Si l’on prend en compte que cette consommation a grimpé de 5-6% à chaque trimestre en 2015, elle devrait être « une ancre solide » pour la croissance, couplée au faible chômage et à une inflation morose.
Enfin, Steve Schwarzman, à la tête de Blackstone, ne crie pas encore victoire trop vite car les opportunités d’une correction ne se manifestent pas tout de suite pour le private equity. Il a ainsi estimé qu’il fallait « six mois, parfois un an pour que les relations se normalisent » après une baisse brutale des valorisations, et que des deals de grande ampleur se signent. « Patience et longueur de temps… » Un proverbe que les investisseurs de tous bords devront garder à l’esprit dans les prochaines semaines.
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