"Say on pay" : ce que prévoit le CAC 40
Depuis quelques semaines, les entreprises cotées publient leurs projets de résolutions en vue de la saison 2017 des assemblées générales. Différents thèmes sont à l’ordre du jour, comme les nominations et renouvellements d’administrateurs, les mesures de stratégies financières ou encore les rémunérations. Cette année encore, les actionnaires voteront de manière consultative sur les gratifications des dirigeants. En revanche, dès 2018, la loi Sapin 2 rendra ce scrutin, dit « say on pay », contraignant. Si les entreprises se conforment pour le moment au code de gouvernance Afep-Medef, les pratiques de place sont un peu différentes d’un groupe à un autre.
De manière générale, les sociétés du CAC 40 demandent aux actionnaires de valider la rémunération de leur PDG ou de leur président et de leur directeur général, lorsqu’elles ont une structure duale. C’est le cas, par exemple, de Valeo, qui propose aux porteurs de parts de donner leur avis sur les émoluments dus ou attribués au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2015 à Pascal Colombani dans le cadre de ses fonctions de président du conseil d'administration et de Jacques Aschenbroich, au titre de directeur général. Ce même mouvement est également constaté chez Sanofi. En outre, L’Oréal, EDF, Veolia, ou encore Thales vont laisser les investisseurs s’exprimer sur les gratifications de leurs différents PDG.
Certaines sociétés qui ont des présidents-directeurs généraux ont fait le choix de soumettre au vote la rémunération de l’homme fort mais également celle du directeur général délégué. Les actionnaires de Vinci se prononceront donc sur la rémunération de Xavier Huillard (PDG) et de Pierre Coppey (DGD) ; et ceux d’Air Liquide sur celles de Benoît Potier (PDG) et de Pierre Dufour (DGD). Autres exemples : celui de LVMH, avec une résolution sur la fiche de paie de Bernard Arnault et d’Antonio Belloni ainsi que Schneider Electric sur celles de Jean-Pascal Tricoire et d'Emmanuel Babeau.
BNP Paribas n'est pas non plus en reste. La banque soumet plusieurs « say on pay » consultatifs dont un sur la rémunération du président (Jean Lemierre), un sur celle du directeur général (Jean-Laurent Bonnafé) et un sur celle du directeur général délégué (Philippe Bordenave). Pour sa part, Bouygues propose quatre résolutions sur les émoluments de Martin Bouygues (PDG), Olivier Bouygues, Philippe Marien et Olivier Roussat. Des votes sont également prévus sur les retraites de ces trois directeurs généraux délégués. Vivendi prévoit, quant à lui, six « say on pay » consultatifs. Ce qui tranche avec Airbus, qui ne soumet aucune résolution sur la rémunération, comme le lui permet le droit néerlandais.
Enfin, certaines sociétés multiplient les votes car elles ont changé de patron. AXA fait ainsi état d’un scrutin sur les rémunérations des anciens PDG et DGD ainsi que sur leurs remplaçants. La retraite de Thomas Buberl, nouveau directeur général de l'assureur, sera également soumise à l'approbation de l'assemblée générale. Reste à savoir si des cas comme Renault feront, à nouveau, parler d'eux cette année. Pour le moment (horc CAC 40), les actionnaires d'Elior n'ont pas hésité à faire entendre leur voix, en rejetant la semaine dernière l'enveloppe du PDG, Philippe Salle, à 63,1%.
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