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Rémunération des CEO : qu'importe le genre ?

Selon une étude américaine, basée sur 2.282 entreprises de 1996 à 2014, il n’y a pas de prime au sexe dans un sens ou dans l’autre quand il s’agit du CEO. Une conclusion qui vient tordre le bras à plusieurs idées reçues.
Cols blancs - chemises - costumes - cravate - costard - parité - homme - diversité - gouvernance
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Les études montrent que les femmes gagnent en moyenne 75% à 90% du salaire masculin. A postes et compétences égales, le fossé a tendance à se réduire. Or qu’en est-il au plus haut niveau des entreprises ? Le différentiel s'en retrouve-t-il lissé ? C’est la question sur laquelle se sont penchés des universitaires, Sandra Mortal et Xiaohu Guo de l'université d'Alabama, ainsi que Vishal Gupta de l'université du Mississippi. Lesquels motivent notamment leur publication par l’envie de savoir où en sont les salaires d’un sexe à un autre, alors que les femmes sont un peu plus nombreuses à occuper des fonctions de CEO qu’il y a encore quelques années. Les résultats de leur étude - même s’ils peuvent toujours faire l’objet de remises en question - viennent tordre le bras à certaines idées reçues.

L'an dernier, le Wall Street Journal indiquait que les CEO masculins du S&P 500 avaient perçu une rémunération (médiane) de 11,6 millions de dollars, soit moins que les 13,8 millions d'euros des 21 femmes de l'indice. Des chiffres qui ont fait débat du fait de la moindre représentativité féminine. A noter également, et néanmoins, de fortes disparités pour les émoluments les plus élevés. L’Adam le mieux rémunéré en 2016, Thomas Rutledge de Charter Communications, a perçu près 98 millions de dollars, contre 40,9 millions pour l’Eve la mieux lotie, à savoir Safra A. Catz d'Oracle, selon les données d'Equilar.

Dans un résumé de la récente étude, publié sur le site du Harvard Law School’s forum sur la régulation financière et la gouvernance des sociétés, les auteurs citent diverses théories sur les fiches de paie. Ils écrivent que de manière globale, « la rémunération accordée à un manager pour son travail a ‘de nombreuses conséquences pour ce manager, l’équipe de direction, l’organisation, et les porteurs de parts de l’organisation’ ». Les universitaires ajoutent que la littérature sur le sujet est importante, et que l’impact du sexe a fait l’objet de recherches. Ainsi Lam, McGuiness et Vieito ont-il remarqué en 2013 que les hommes CEO étaient mieux rémunérés que les femmes aux mêmes postes en Chine. Les auteurs évoquent aussi les travaux selon lesquels il y aurait une prime pour les femmes, étant donné qu’elles sont moins nombreuses à pouvoir prétendre aux hauts postes actuellement. Ils mettent aussi, à l'inverse, en exergue le fait que les émoluments des patrons, eux-mêmes très exposés, sont souvent sur la place publique et donc qu’il n’y aurait pas d’intérêt à ce qu’il y ait de différences de salaires entre les deux sexes.

Dans leurs propres travaux, Sandra Mortal, Xiaohu Guo et Vishal Gupta ont examiné les différents chiffres au regard de plusieurs critères. En tout, 2.282 entreprises américaines ont été passées au crible. Ils y ont ajouté des facteurs tels que la taille du groupe, sa performance, la taille du board ou encore son indépendance. « Puisque la rémunération des CEO a augmenté avec le temps tout comme le nombre de femmes CEO, nous avons aussi inclus les effets du temps », expliquent les auteurs. « Nos résultats montrent qu’il n’y a pas de différence significative entre les rémunérations des CEO masculins et féminins.» L’étude s’est aussi concentrée sur des périodes plus réduites, telles que 1996-2005 et 2006-2014, et n’en a pas tiré de conclusions différentes. « En se basant sur nos résultats, nous pensons qu’il y a au moins un poste important dans l’organisation, où le genre n’a pas d’influence sur combien la personne est payée. » En revanche, cela ne remet pas en cause le problème de parité aux postes de hauts niveaux, lequel vient peser sur la moyenne entre les salaires des femmes et des hommes plus globalement.

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