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La vague Macron a-t-elle accéléré les reconversions des politiques ?

L'ancienne ministre Cécile Duflot a annoncé au Monde qu'elle allait rejoindre Oxfam. S'il n'est pas nouveau que des politiques intègrent le privé, les mouvements se sont accélérés ces derniers mois. 
Cécile Duflot
Cécile Duflot

Emmanuel Macron a-t-il accéléré le métissage public/privé ? Si l'actuel Président de la République a travaillé chez Rothschild avant de rejoindre le secrétariat général de l'Elysée en tant qu'adjoint sous l'ère Hollande, des vocations ont visiblement été suscitées dans l'autre sens. Dernière en date à avoir eu envie de changer de carrière : Cécile Duflot, qui vient d'annoncer au Monde son arrivée au sein de l'ONG Oxfam. L'ex-ministre du Logement fait partie de la liste des députés qui ont perdu leur siège en 2017, à la suite de la vague gagnante de la République en Marche à l'Assemblée nationale. Bien que les reconversions de ce type ne soient pas une nouveauté, les multiples communications sur le sujet ces derniers mois méritent réflexion. 

Les mouvements sont d'autant plus notables que pour beaucoup, ils sont le fait de personnalités politiques qui pesaient dans le débat jusqu'à l'élection d'Emmanuel Macron. Les départs sont aussi marquants car les politiques concernés faisaient parfois partie de la relève, ou en tout cas étaient relativement jeunes par rapport à certains profils depuis longtemps sur le tout devant de la scène. Pour mémoire, Emmanuel Macron a largement rajeuni les troupes, en particulier au sein de la chambre basse. Au sortir des législatives, les députés de La République en Marche avaient en moyenne 45 ans et demi. A titre de comparaison, leurs confrères des Républicains affichaient 52 ans et le Parti socialiste 54 ans.

Cécile Duflot, 43 ans, avait donc encore du temps devant elle, que ce soit dans le "nouveau" ou "l'ancien" monde, tout comme les ex-secrétaire d'Etat et ministre Axelle Lemaire (43 ans), qui a intégré Roland Berger, et Nathalie Kosciusko-Morizet (44 ans), qui a rallié New York pour oeuvrer chez Capgemini. Pour mémoire, les deux femmes ont aussi essuyé un échec aux législatives. Tout comme Najat Vallaud-Belkacem (40 ans), ancienne ministre de l'Education nationale, aujourd'hui chez Fayard. 

Cécile Duflot et Nathalie Kosciusko-Morizet rentraient également dans la case des candidats - via des primaires - à la présidentielle. A l'instar d'Arnaud Montebourg, Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui ont tous trois rejoint le privé d'une manière ou d'une autre. Le premier est dans le miel et les amandes, le deuxième au conseil d'administration d'AccorHotels et le troisième chez Tikehau. Si leurs échecs ne sont pas directement dû à l'effet Emmanuel Macron, il semble que l'actuel Chef d'Etat ait en tout cas réussi à rendre inaudible la voix de ceux qui comptaient jusque-là.  

Enfin, il y a aussi les politiques qui ont rejoint le privé sur d'autres notes. C'est le cas de Fleur Pellerin, ex-ministre de l'Economie numérique, qui a monté Korelya Capital et qui arrive à se faire entendre sur le sujet des technologies. On retrouve également Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, qui a à nouveau rejoint le cabinet d'avocats August & Debouzy. La mixité, lorsqu'elle s'opère au plus haut niveau, fait écho à ce qui se pratique dans les cabinets ministériels, où les allers-retours du public vers le privé et vice-versa sont déjà plus monnaie courante. On pense par exemple à Benoît Ribadeau-Dumas, directeur de cabinet du Premier ministre, Édouard Philippe, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin mais aussi ex-Thales et Zodiac. 

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