Revue de presse britannique : Tim Barrow "un négociateur coriace" pour mener le Brexit
« J’espère que vous continuerez à remettre en cause les arguments sans fondements et les raisonnements confus et que vous n’aurez jamais peur de dire la vérité à ceux qui sont au pouvoir. » L’email d’Ivan Rogers, jusqu’alors ambassadeur britannique à Bruxelles, envoyé à ses collègues dans le cadre de sa démission surprise cette semaine n’y va pas par quatre chemins et n’a pas manqué de nourrir la polémique. « La critique publique des ministres sur le Brexit de la part de Sir Ivan Roger a été un manquement à son devoir », souligne un éditorial du Telegraph qui regrette que l’ancien dirigeant ait « peint de manière peu flatteuse la politique européenne de Mrs May ».
La Premier ministre n’a toutefois pas manqué de remplacer très vite le dissident. Lequel a frappé fort quelques semaines avant l’ouverture formelle des négociations sur le Brexit. Elle « a agi rapidement pour mettre fin à la montée en puissance du raffut avec les hauts fonctionnaires britanniques, en nommant un diplomate de carrière, Sir Tim Barrow, pour remplacer Sir Ivan Rogers au poste d’ambassadeur du pays auprès de l’UE », commente pour sa part le Financial Times. « Sir Tim, directeur politique du ministère des Affaires étrangères, est une option sûre pour Mrs May et va répondre aux préoccupations des fonctionnaires pour ce qui est du risque d’une politisation présumée de la fonction publique », ajoute le FT. Un avis partagé par le blog du Spectator : « Même s’il ne fait aucun doute que certains seront déçus par le choix de la Premier ministre de nommer une figure de la fonction publique plutôt qu’un Brexiteer pour le poste, c’est une décision avisée de May ».
« Les partisans du Brexit sont divisés sur la nomination d’un diplomate carrière », estime néanmoins Sky News. Cependant, « sa nomination a été en grande partie bien accueillie par beaucoup de supporteurs du Leave et du Remain », précise le média. Du côté des personnalités contentes de ce choix, on retrouve le ministre des Affaires étrangères, Boris Jonhson. Ce dernier a indiqué que Sir Barrow était « exactement l’homme » qu'il fallait pour trouver le meilleur des compromis avec l’Union européenne. Tandis que le secrétaire au Brexit, David Davis, a estimé que la connaissance de Tim Barrow de Bruxelles, lequel a été premier secrétaire à la Représentation britannique, va lui permettre de « partir sur les chapeaux de roues en cette période cruciale ». Le Daily Telegraph cite « des ministres » qui lui auraient confié que Tim Barrow était un « solutionneur de problèmes pragmatique » alors que son prédécesseur, resté trois ans en poste, était un « pessimiste ». Pour sa part, Downing Street n’a pas hésité à qualifier Tim Barrow de « négociateur aguerri et coriace ».
Mais tout le monde ne partage pas le même sentiment. L’ancien vice-Premier ministre libéral-démocrate, Nick Clegg a ainsi déclaré que le gouvernement a marqué « un but contre son propre camp ». En outre, « cette nomination est une déception car la dernière chose dont nous avions besoin était d’avoir un autre diplomate de carrière portant une casquette bruxelloise », a commenté Gerard Batten, membre du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP). « Le négociateur peut être au meilleur de sa diplomatie, sans un plan du gouvernement sur son positionnement quant aux grandes questions, comme la participation de la Grande-Bretagne au marché unique, cela sera une tâche impossible », a fait valoir Tim Farron, Lib Dem. Selon le Daily Mail, Theresa May préparerait actuellement un « discours important sur le Brexit » pour fin janvier. Pour éclairer sur sa feuille de route ?
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