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Pétrole : la guerre des nerfs bat son plein
Si la Bourse de Paris a commencé la semaine dans le vert, portée par la baisse de l’euro après la réunion décevante de la BCE la semaine passée, Wall Street (-O,66%) a en revanche subi de plein fouet la baisse brutale du prix du pétrole. Le baril de Brent a chuté de plus de 5%, à 40,68 dollars, atteignant ainsi un point bas depuis début 2009. Cela est une conséquence directe de la réunion de l’OPEC (Organisation des pays exportateurs de pétrole), qui a décidé de maintenir ses niveaux de production à 31,5 millions de barils par jour malgré l’excédent d’offre dans le marché. L’organisation ne prendra pas de nouvelle mesure avant juin prochain, et d’ici là une levée des sanctions internationales contre l’Iran pourrait à nouveau augmenter les quotas de production mondiaux.
Les membres les plus influents de l’OPEC ont décidé d’entretenir la guerre des nerfs à l’oeuvre dans ce marché, estimant qu’ils représentent désormais seulement 30% de la production mondiale et sont capables de faire le dos rond, un luxe que n’ont pas les producteurs de schiste américains. L’entrée en jeu de l’Iran pourrait augmenter la production de 500 000 barils par jour, si bien que l’excédent de production mondiale pourrait atteindre 700 000 barils par jour. Dans le passé, l’Arabie Saoudite, qui est le plus gros producteur mondial et a une voix prépondérante dans l’OPEC, aurait pu revoir à la baisse ses quotas mais l’arrivée de cette nouvelle forme de concurrence l’incite à ne faire aucun compromis.
La tendance paraît donc partie pour durer comme l’a reconnu Patrick Poujanne, le patron de Total, qui ne voit pas d’amélioration en 2016 du côté du baril. Goldman Sachs a également ublié une note vendredi, où la banque « réitère sa vue selon laquelle les prix doivent rester bas plus longtemps pour que les fondamentaux permettent une hausse des prix plus tard l’an prochain ». Et n’a pas écarté le risque que ce déséquilibre offre-demande ne fasse chuter le cours à 20 dollars le baril en cas de stress opérationnel.
Ce contexte a d’ores et déjà des conséquences pour les fonds souverains, dont les 4 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion proviennent à 73% du pétrole, selon le rapport de Moody’s en novembre. Pour des pays comme la Russie ou le Venezuela, ces ressources sont utilisées pour équilibrer leurs budgets, ce qui met une pression considérable sur leurs finances publiques. Les autres fonds souverains sont obligés de réduire leurs engagements pour faire face à ces baisses de revenus, si bien que selon le cabinet eVestment, les fonds d’Etat ont retiré au moins 19 milliards de dollars des gérants d’actifs au troisième trimestre. Sans compter ceux qui ne publient pas ces données à l’instar de BlackRock, qui selon les estimations de Morgan Stanley aurait subi 31 milliards de dollars de sorties de capitaux aux deuxième et troisième trimestres. Ces mouvements sont également liés à des désengagements massifs de ces acteurs des fonds dédiés aux pays émergents, depuis les turbulences d’ août dernier et dans le contexte actuel de hausse des taux US.
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