Private equity : BC Partners , celui qui a du mal à lever
Depuis plusieurs mois, le private equity multiplie les levées de fonds express et pour des enveloppes de plus en plus élevées, faisant craindre un retour des méga-fonds de l’ère pré-Lehman Brothers. Mais un contre-exemple se joue en ce moment du côté de BC Partners, un des grands noms du métier. Alors qu’Advent a mis six mois pour sa dernière levée de fonds et CVC Capital Partners seulement cinq, BC Partners est sur la route depuis janvier 2016 et n’a toujours pas annoncé de closing. Et selon Private Equity International, il serait sur le point de boucler sa collecte à 6,7 milliards d’euros, soit en dessous de l’objectif de 7 milliards annoncé et à peine au dessus des 6,5 milliards bouclés pour son fonds précédent, en 2012.
Le montant n’était pourtant pas si ambitieux au regard de ce qu’arrivent à lever les grandes maisons du private equity : en Europe, Permira, Cinven et Apax ont amassé un trésor de guerre de 23,1 milliards d’euros pour leurs derniers véhicules, et sur une période bien plus courte, avec un record de quatre mois pour Cinven. Ce résultat est aussi bien en dessous des statistiques du secteur cette année : selon Preqin, les fonds de private equity ont levé leurs fonds sur une durée moyenne de douze mois depuis le début de l’année.
Ces vents contraires ont en réalité une explication principale : le track record. Le non coté a vécu le violent retournement de la conjoncture lors de la dernière crise, mais tous n’ont pas enregistré les mêmes conséquences sur leurs performances. BC Partners a essuyé quelques échecs sur son fonds de 2005, levé juste avant la crise. Il a ainsi dû consentir à une perte sèche sur le groupe britannique de salles de sport, Fitness First, racheté pour près d’1 milliard d’euros en 2005 et qui est tombé dans les mains d’Oaktree et Marathon sept ans plus tard. Toujours outre-Manche, il a également subi un revers sur Phone4U, un opérateur télécoms indépendant tombé sous protection administrative. Au total, son fonds de 2005 affiche un TRI de 5,7% alors que ses concurrents ont réussi à mieux tirer leur épingle du jeu, avec un TRI moyen de 11,2% sur les fonds du même millésime. Et selon Preqin, BC Partners compte un fonds dans le dernier quartile en termes de performance, et deux au troisième quartile.
Malgré la liquidité à l’œuvre sur les marché et dans le non coté, le cas de figure de BC Partners montre que les investisseurs sont de plus en plus exigeants avec les gérants. Ils se montrent intransigeants avec quelques ratés, même si la firme affiche d’autres performances plus glorieuses, comme c’est le cas avec Altice dont il a vendu une partie de son bloc pour 2 fois sa mise en juin dernier, ou Mergermarket, vendu aussi pour deux fois sa mise pas plus tard que la semaine dernière. Néanmoins, tout n’est pas noir : contrairement à d’autres comme Terra Firma ou Duke Street, BC Partners est sur le point de boucler avec succès sa levée de fonds, même si elle a pris plus de temps que prévu et est légèrement moins ambitieuse. La firme a donc les moyens de prouver sa valeur ajoutée pour conforter la confiance de Limited Partners certes riches, mais difficiles.
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