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Politique européenne / Brexit / Irlande / Accord commercial / Boris Johnson

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La Grande-Bretagne cède sur l'Irlande du Nord

Les deux camps sont parvenus à un accord de principe concernant l'application du protocole sur l'Irlande et l'Irlande du Nord, que le gouvernement menaçait de remettre en question dans son projet de loi sur le marché intérieur. Ce qui devrait contribuer à dégeler les relations UE/UK.
Irlande - Dublin
Irlande - Dublin

C'est un symbole important pour les relations Union Européenne (UE)/Grande-Bretagne, même si les négociations concernant les relations futures entre le pays et l'Europe n'ont toujours pas abouti. Bruxelles et Londres ont en effet annoncé avoir trouvé un compromis pour appliquer le protocole sur l'Irlande et l'Irlande du Nord, qui figurait en annexe du traité de sortie, définitivement adopté en janvier dernier par le Parlement britannique. La question de la frontière entre les deux Irlande avait constitué l'un des principaux points d'achoppement des négociations concernant les modalités de sortie du pays de l'UE. Le but étant de préserver à tout prix les Accords de Paix du vendredi saint, en évitant de rétablir une limite physique entre les deux parties de l'île.

Or en septembre dernier, Downing Street avait présenté un projet de loi sur le marché intérieur remettant en cause une partie du protocole sur l'Irlande du Nord, suscitant la fureur de l'UE. Bruxelles avait alors enjoint Londres de retirer les articles de loi violant l'accord de sortie, sous peine de poursuite. Depuis lors, le gouvernement britannique ne s'était toujours pas exécuté, contribuant à alimenter les tensions de part et d'autre de la Manche. C'est désormais chose faite : dans une déclaration conjointe publiée par la Commission européenne et la Grande-Bretagne, cette dernière s'est engagée "à retirer les clauses 44, 34 et 47 de son projet de loi sur le marché intérieur", qui remettaient en cause le Protocole sur l'Irlande.

Que contient l'accord de principe dévoilé hier soir ? Selon la Commission européenne, l'UE et Londres se sont entendus "dans les domaines suivants": postes de contrôle frontaliers/points d'entrée, spécifiquement pour les contrôles des animaux, des plantes et des produits dérivés, déclarations d'exportation, fourniture de médicaments, fourniture de viandes réfrigérée et d'autres produits alimentaires aux supermarchés et clarification de l'application des aides d'États dans le cadre du protocole.

Les deux parties sont également parvenues à un accord concernant les décisions que le comité mixte (chargé, entre autres, de mettre en œuvre le protocole sur l’Irlande du Nord) doit prendre avant le 1er janvier 2021. Il s'agit notamment des modalités pratiques relatives à la présence de l'UE en Irlande du Nord lorsque les autorités britanniques effectuent des vérifications et des contrôles au titre du protocole. L'UE et Londres ont aussi trouvé un compromis concernant l'exemption des règles relatives aux aides d'États pour les subventions à la pêche et l'agriculture. Enfin, les deux parties se sont entendues sur la finalisation de la liste des présidents du groupe spécial d'arbitrage, chargé de chapeauter le mécanisme de règlement des différends.

Certes, ces annonces sur l'Irlande ne garantissent en rien qu'un accord concernant le futur des relations UK-UE post-Brexit sera trouvé dans les prochains jours. Boris Johnson s'est même montré assez sombre quant à la possibilité d'y parvenir vu le peu de temps restant. "Il peut arriver un moment où nous devons admettre que l'heure est venue de siffler la fin de la partie et c'est ainsi ", a déclaré le premier ministre anglais hier soir. Mais ce compromis irlandais, dont les discussions traînent depuis trois mois, est la preuve que les deux camps sont des adeptes des accords de la dernière heure. Et que les postures politiques finissent par céder la place au pragmatisme quand des intérêts économiques sont en jeu. Les marchés croient en tout cas encore à la possibilité d'un accord de la dernière heure : la livre a plutôt bien résisté hier contre l'euro et le dollar, malgré les propos peu encourageants de Boris Johnson et Michel Barnier.

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