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Sur les marchés
Le seuil qui a fait trembler les marchés US
Alors que Donald Trump déroulait une cérémonie officielle pour son invité Emmanuel Macron et sa femme Brigitte à Washington mardi, les marchés américains s’enfonçaient dans le rouge. La raison ? Les résultats trimestriels de Caterpillar jugés décevants, mais surtout le passage du seuil symbolique des 3% par les Treasuries américains à 10 ans, pour la première fois depuis janvier 2014. Simultanément, les obligations US à deux ans ont aussi passé le cap des 2,5%, soit un record jamais atteint depuis septembre 2008, lors de la faillite de Lehman Brothers.
Les emprunts américains à long terme n’étaient encore qu’à 2,47% en début d’année, ce qui montre que cette flambée récente traduit le sentiment que la Fed va poursuivre son travail actif de resserrement monétaire, aidée en cela par le regain d’inflation dans le pays. Mais aussi le rebond des prix du pétrole, qui signalent l’emballement de la croissance mondiale. « Il s’agit d’un seuil psychologique », selon Gary Pollack, patron du fixed income chez Deutsche Bank Wealth Management. « Il y a beaucoup d’offre cette semaine, et cela met de la pression sur les marchés », faisant référence aux multiples émissions de Treasuries cette semaine.
Les opinions divergent sur la façon d’interpréter la hausse des taux américains. D’une part, certains considèrent qu’il s’agit d’un vote de confiance dans une économie US en plein redémarrage, un phénomène qui sera avéré lors de la publication de la croissance du PIB au premier trimestre, vendredi. D’autre part, certains craignent que cela ne marque la fin d’un rallye boursier historique, porté par les anticipations liées à l’arrivée de Trump au pouvoir, mais aussi des taux historiquement bas et une politique accommodante de la Fed. Mais aussi et surtout que la banque centrale ne préjuge de la vigueur de l’inflation, et n’augmente ses taux trop rapidement par rapport à une reprise encore moribonde.
Les pessimistes l’ont momentanément emporté mardi, puisque le Dow Jones a dévissé de 1,7%, soit plus de 400 points en fin de séance. Les investisseurs redoutent aussi que les corporates ne profitent plus des conditions de financement exceptionnelles pour lancer des programmes de dividendes et de rachats d’actions très généreux avec leurs actionnaires. Mais il n’y a pourtant pas lieu de s’inquiéter : si la pente des taux américains s’aplatit à vue d’œil, cela signifie que le marché est optimiste sur la normalisation monétaire de la Fed, même s’il n’est pas dithyrambique sur la croissance à long terme. Pas de quoi extrapoler et en conclure que la récession guette le pays pour autant, si bien que les marchés américains devraient, une fois n’est pas coutume, raison garder sur ce seuil symbolique des 3%.
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