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Londres commence seulement à payer le Brexit / La place financière pâtit de plus en plus de son divorce avec l'UE

Le faste de Londres n’est pas tout à fait derrière elle mais cela ne saurait tarder. Le temps que le Brexit produise complètement ses effets, même si notamment les activités libellées en euros touchant aux Swap de taux d’intérêt ont déjà commencé à fuir vers le continent. Un malheur n’arrivant jamais seul, le Royaume-Uni subit conjointement la disparition du Libor qui redirige vers New York une partie des flux.
Londres. Alex Lentati/ZUMA Press/ZUMA/REA
Londres. Alex Lentati/ZUMA Press/ZUMA/REA

"Les grands perdants, ce seront les Britanniques", arguait Bruno Le Maire, ministre de l’économie.  Le locataire de Bercy ne voit pas son affirmation être complètement validée par la récente enquête triennale de la Banque des règlements internationaux (BRI), il s’agit de la première réalisée depuis le Brexit, qui statue néanmoins que le "rôle [de Londres nldr] de plaque tournante bancaire pour la zone euro s'est affaibli ".


Notamment en ce qui concerne "la souscription d'obligations internationales en euros, " les entreprises londoniennes ont jusqu'à récemment tenu bon, mais les données récentes soulèvent des questions ". Les pleins effets du Brexit ne seraient ainsi visibles qu’après quelques années. En attendant Londres reste une place largement dominante dans le domaine des opérations de change.


Le temps du Brexit

 

La BRI pense même que l’effet du Brexit pourrait devenir bien plus fort à l’avenir et rappelle que "l'ajustement complet […] est en cours" et que ses "conclusions doivent être considérées comme provisoires et susceptibles d'être modifiées ". Le degré d’exigence avec lequel la BCE demandera aux filiales de la zone euro "de banques ayant leur siège en dehors de l’UE" de s'appuyer "sur des opérations et une gestion des risques locales" pourrait contribuer à déplacer encore plus l’activité. Il en est de même pour "l’expiration de la désignation d'équivalence de l'UE pour la compensation britannique des swaps de taux d'intérêt en euros en 2025".

Ce qui ne doit pas faire oublier que c'est la même chose "pour l'effet des efforts britanniques visant à rendre Londres plus compétitive dans le domaine des services financiers ". Les avantages de longue date de Londres que ce soit "en termes d'échelle, de portée et de fuseau horaire pourraient bien maintenir sa prééminence".

 

Le Royaume défend son pré carré

 

Le Brexit ne signifie de fait pas la fin de Londres en tant que place financière de premier plan, il est davantage à l’origine d’une profonde modification de ses liens avec la zone euro. Ainsi, cette enquête triennale met fin à cinq éditions consécutives qui avaient vu Londres gagner des parts dans la négociation de gré à gré d’instruments de taux en euros, "au profit de centres de la zone euro, notamment Francfort et Paris, mais aussi d'autres centres " Ce qui reste à relativiser puisque actuellement "la part de Londres reste plus de deux fois supérieure à celle de tous les centres de la zone euro, ce qui est cohérent avec la domination de Londres dans la compensation de ces instruments".

En se réunissant, les centres de la zone euro occupent toujours la troisième place en ce qui concerne les opérations de change en euros, se classant après Londres et New York. Les effets du Brexit sont également doubles puisque si au "milieu de l'année 2022, les banques du Royaume-Uni représentaient une part plus faible du total des créances transfrontalières sur la zone euro qu'en 2016 ", dans le même temps "les banques de la zone euro détenaient une part décroissante du total des créances sur le Royaume-Uni". Les liens entre les deux écosystèmes financiers se sont donc distendus mais pas le poids de chacune des places financières.

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