Evenements / Restructurations
Evenements
Restructurations
Vivarte : un accord, mais la victoire est encore loin
Eureka, proclame Vivarte, dont le parcours du combattant aurait atteint une nouvelle étape clé. Le propriétaire des marques André, Kookaï, La Halle etc, sous LBO avec Charterhouse, Chequers et Sagard depuis 2007 et en procédure de conciliation, a indiqué être parvenu à un premier accord avec une partie de ses créanciers pour la restructuration de sa dette.
Dans le détail, le management a trouvé un terrain d’entente avec un groupe de 12 prêteurs (Alcentra, Hayfin, Oaktree, ICG, Canyon, Goldentree, Babson, OakHill, GLG Partners, CSAM, 3i et Avoca), qui représentent plus de la moitié de la dette. L’accord prévoit, comme la direction le réclamait, l’injection de 500 millions d’euros de new money, et une réduction de la dette existante de 2,8 milliards d’euros à 800 millions d’euros, alors que la société souhaitait la voir ramenée à 500 millions d’euros.
« Les 2 milliards d’euros seront convertis en fonds propres et quasi-fonds propres, de sorte que les prêteurs actuels du groupe deviendront actionnaires à l’issue de la restructuration », indique le communiqué. En remplacement des trois fonds de private equity donc, qui ont déjà provisionné leur exposition. Un scénario proche de celui de la Saur, sauf que les créanciers ne sont cette fois-ci pas des banques mais des gérants de hedge funds qui ont racheté de la dette décotée et n’ont pas vocation à rester au capital. Selon le schéma envisagé, leurs créances accuseraient pour le moment une décote de 72%, bien plus élevé que leurs niveaux d’entrée.
Cela devrait peser dans la balance pour le reste du pool, qu’il faut absolument convaincre. Car l’accord de restructuration nécessite l’aval de 100% des créanciers, voire des deux tiers d’entre eux si la société choisit de passer par la voie de la sauvegarde financière accélérée. Pour rappel, sur les cinq offres présentées en début de mois par les créanciers, deux ont été fusionnées dans cet accord, auxquelles se sont ralliés quatre autres porteurs de dette. Mais il reste les offres alternatives des fonds Angelo Gordon, Avenue Capital et Sankaty Advisors, celle d'Elliot Advisor et enfin celle de Park Square, qui sont encore récalcitrants à ce compromis.
Marc Lelandais, le P-dg du groupe depuis que George Plassat l’a quitté à l’été 2012, doit maintenant redoubler d’arguments sur sa stratégie pour relancer le groupe de 22 000 collaborateurs, car l’accord prévoit son maintien. Car seule la conviction d’un redressement opérationnel incitera ces financiers avisés à convertir leurs créances en actions d’ici à la fin du mois. La course-contre-la-montre est engagée.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

