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McKinsey / Economie mondiale
Cinq menaces qui pèsent sur la santé des multinationales / Une part importante de la valeur de leur bilan en risque
En cas de concrétisation des risques économiques mondiaux, grandes entreprises et secteurs ne seraient pas affectés dans la même ampleur. C’est ce qui ressort d’un rapport de McKinsey, qui a mis en avant cinq perturbations mondiales potentielles pour les multinationales. "La quasi-totalité des entreprises multinationales sont susceptibles de voir une part substantielle de leur valeur ajoutée remise en cause par les perturbations mondiales, car toutes sont exposées à cinq grandes vulnérabilités", écrit le cabinet de conseil en stratégie, qui cite la perte d’accès aux marchés étrangers, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, la perte d’accès à la main-d’œuvre internationale et les restrictions sur les actifs immatériels, l’innovation et les réseaux de données, ou encore les restrictions sur l’accès aux capitaux.
En face de cela, le cabinet a identifié quatre secteurs : la fabrication et la distribution (Industries manufacturières acteurs du commerce de détail, de l’hôtellerie), l’approvisionnement (tous acteurs des secteurs de l’énergie), l’innovation et de la technologie (industries pharmaceutique, biotechnologique et cosmétique, industries à fort contenu en R&D, fabricants de matériels technologiques, acteurs des médias et du numérique, éditeurs de logiciels), la finance (banques, compagnies d’assurance ou de réassurance, fonds, sociétés immobilières).
McKinsey juge que ceux de l’innovation et de la technologie et de la fabrication et de la distribution ont chacun un degré d’exposition élevé à trois des cinq perturbations potentielles, contre deux pour le secteur de l’approvisionnement (deux expositions faibles et une modérée) et un pour le secteur de la finance (quatre expositions modérées).
L’impact potentiel varie d’un pays à l’autre également. "Les plus grandes entreprises multinationales des principales économies européennes sont, dans la répartition de leurs revenus, nettement plus dépendantes des marchés extérieurs que celles des Etats-Unis ou du Japon", indique le rapport. Dans le détail, les firmes établies en France réalisent près des trois quarts de leur chiffre d’affaires (CA) hors du pays et 42 % hors de l’Europe. Les chiffres sont proches en Allemagne (68 % et 46 %) et plus élevés encore au Royaume-Uni (82 % et 69 %). A l’inverse, les multinationales américaines ne réalisent "que" 32 % de leur CA hors de leurs frontières et celles du Japon 47 % seulement.
Les équipes de McKinsey ont essayé de quantifier ce qu’un choc affectant les cinq vulnérabilités des multinationales pourrait avoir comme conséquence. "Un grand constructeur automobile, par exemple – soit le profil d’entreprise le plus exposé aux chocs exogènes – pourrait voir jusqu’à 40 à 60 % de sa valeur de bilan mise en péril s’il était confronté simultanément à des perturbations (certes majeures mais réalistes) sur les 5 catégories de vulnérabilités précitées", soutient le cabinet de conseil en stratégie.
Il ajoute qu’ "au-delà de l’ampleur, c’est la fréquence des chocs qui devrait s’accroître". En effet, "selon nos modélisations, une entreprise manufacturière moyenne pourrait subir une rupture majeure de sa production pendant deux semaines tous les deux ans, et pendant un à deux mois tous les 3,7 ans".
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