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Macro-économie / Taux / France / risques / Banque de France / Agnès Bénassy-Quéré

Macro-économie / Taux
France / risques / Banque de France / Agnès Bénassy-Quéré

La France apprend à vivre avec des risques multiples / Taux élevés et incertitudes politiques perdurent

Pas de calme plat en vue pour 2025, le rapport sur la stabilité financière produit par la Banque de France ne déroge pas à ce consensus tout en faisant part de la capacité d’adaptation de l’Hexagone. Les acteurs non financiers ont su ajuster leur stratégie face à un environnement marqué par des taux d’intérêt bien plus élevés, tandis que le marché souverain français continue d’attirer des investisseurs solides. Par ailleurs, les mécanismes d’identification des nouveaux risques se sont renforcés. Ces avancées ne suffisent toutefois pas à dissiper des incertitudes persistantes, telles que la volatilité des marchés financiers ou les tensions géopolitiques.
Inondations en France. Photo by Fabrice GHIOTTI / Securite Civile / AFP)
Inondations en France. Photo by Fabrice GHIOTTI / Securite Civile / AFP)

Une économie structurellement diversifiée et donc sujette à une multitude de chocs. C’est une des thèses que s’est attachée à défendre Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure à la Banque de France, lors de la présentation du rapport sur la stabilité financière publié par l’institution. Une caractéristique qui n’est pas uniquement négative puisqu’elle explique également que la France et son économie aient la capacité de les absorber.

Une caractéristique qui peut également s’étendre aux banques hexagonales, ces dernières étant qualifiées comme ayant des "revenus stables et diversifiés", néanmoins un profil qui ne leur a pas permis de distinguer face à leurs concurrentes européennes. En grande partie puisque "les revenus d’intérêt ont progressé moins rapidement que les charges d’intérêts, du fait d’un encours de crédit majoritairement à taux fixes".

Pas d’inquiétude pour autant à en croire la Banque de France, puisqu’il est argué que "malgré une légère augmentation, la progression du risque de crédit des banques françaises reste maîtrisée". Le taux de prêts non performants au sein de leurs bilans est communiqué à hauteur de 2,61 %, au titre du troisième trimestre 2024, en augmentation certes par rapport à 2023 mais toujours proche "des plus bas historiques".

 

Nouvelle donne

 

Le marché souverain français n’échappe pas à la cartographie des risques produite par les équipes de la Banque de France, loin de là puisqu’il est affirmé qu’étant donné que "le taux d’emprunt souverain sert de référence pour le reste de l’économie, la préservation des bonnes conditions de financement des entreprises et des ménages suppose impérativement une clarification de la trajectoire des finances publiques". Pourtant, la base d’investisseurs est considérée comme solide, tant de par la demande robuste de la dette souveraine sur le marché secondaire que primaire.

Une situation qu’il faut veiller à maintenir et non pas considérer comme acquise. Agnès Bénassy-Quéré s’est également livrée à une analyse de la situation arguant qu’il "y a des avantages à détenir de la dette française" et considérant qu’une baisse de l’incertitude politique pourrait profiter à cette dernière. Elle a également considéré que "si le marché ne réagit pas [à certains évènements sur la scène politique ndlr] c’est peut-être parce qu’ils sont déjà dans le marché".

Le rapport juge que les places financières pourraient quant à elles voir l’incertitude "conduire à des pics de volatilité plus fréquents sur les marchés avec un risque de correction désordonnée ". Un véritable danger puisque si la volatilité des marchés est actuellement jugée modérée, il est considéré que "la fréquence des épisodes de tensions pourrait augmenter alors que les opérateurs se montrent plus sensibles aux surprises macroéconomiques et politiques".

 

Le coût des taux

 

Les banques ne sont pas les seules à pâtir de taux directeurs élevés, la Banque de France avance que les "acteurs non-financiers se sont adaptés à des taux plus élevés" tout en précisant que "certains demeurent vulnérables à une détérioration de l’environnement macroéconomique". C’est avant tout les plus endettées d’entre elles qui inquiètent, elles n’ont pas pour autant perdu toute capacité à absorber les chocs et Agnès Bénassy-Quéré argue que celles qui "n’ont pas encore pu rouler leur dette vont le faire à des conditions moins bonnes qu’avant la baisse des taux […] mais moins qu’au pic des taux ".

 

Tous azimuts

 

De l’autre côté du spectre surgissent des risques nouveaux comme le risque cyber, un sujet sur lequel le rapport énonce que "le nombre de cyberattaques identifiées s’est stabilisé, y compris pour le secteur financier", tout en nuançant cette bonne nouvelle en avertissant que "le risque demeure élevé dans un environnement géopolitique dégradé qui se traduit par une variété de menaces hybrides". La présentation du rapport a également mis en lumière la montée en puissance de la riposte française et européenne en la matière.

Une dynamique qu’Agnès Bénassy-Quéré espère observer concernant la faculté à discriminer les entreprises suivant leur verdissement, puisque pour l’heure la prime verte qui leur est accordée est considérée comme étant faible. L’occasion pour elle d’affirmer la volonté de la Banque de France d’être pionnière et motrice sur la question, l’institution assurant ainsi le secrétariat du Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS).

Enfin, la seconde sous-gouverneure n’a pas manqué d’évoquer la question des cryptoactifs avertissant "qu’à force de dire que c’est petit et non systémique, ça va finir par le devenir". Plusieurs facteurs à surveiller de près ont été évoqués par ses soins ; il s’agit d’une capitalisation en forte hausse, d’un secteur à la concentration particulièrement forte ou encore d’une démocratisation via des produits plus traditionnels tels les ETF aux États-Unis. Le rapport ne dit pas autre chose avertissant que "même si le marché des cryptoactifs a connu une hausse importante après les élections américaines, il reste structurellement volatil et son absence de régulation aux États-Unis augmente les risques".

 

 

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