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Honda-Nissan : le rapprochement qui pourrait libérer Renault / Une porte de sortie inespérée
L’histoire se ressemble, mais les protagonistes ne sont pas tous les mêmes. A la fin des années 1990, Renault était venu au secours de Nissan, alors en grande difficulté, en entrant au capital du constructeur japonais pour établir une alliance qui aura duré plus de deux décennies.
Aujourd’hui, c’est Honda qui pourrait endosser le rôle du sauveur, avec un rapprochement potentiel qui pourrait accélérer la sortie définitive de Renault du capital de son ancien partenaire stratégique.
Vingt-cinq ans plus tard, Nissan traverse en effet à nouveau une crise profonde. Le groupe dirigé par Makoto Uchida, qui a surpris avec des résultats déficitaires pour le trimestre de juillet à septembre, a annoncé début novembre la suppression de 9 000 postes à l’échelle mondiale et une réduction de ses capacités de production afin de faire face à la chute de ses ventes.
Cette fois-ci également, l’issue d’un adossement semble se dessiner. Le journal économique et financier japonais Nikkei a rapporté cette semaine que Honda et Nissan s’apprêtaient à entamer des négociations en vue d’une fusion. Officiellement, les deux entreprises ont simplement indiqué "envisager diverses possibilités de collaboration future", sans décision de prise à ce stade, mais leurs discussions se seraient accélérées face à l’intérêt pour Nissan également manifesté par le géant taiwanais des composant électronique Foxconn. Selon l’Agence de presse centrale de Taïwan (CNA), les dirigeants de ce dernier seraient d’ailleurs en cette fin de semaine en France afin de négocier avec Renault le rachat de ses parts restantes dans Nissan.
Renault, qui détenait encore 40,42 % de Nissan à la fin 2023, a depuis procédé à des cessions de blocs dans le cadre du rééquilibrage prévu de leur alliance, ramenant ses parts à 35,7 % - on se souvient que les deux groupes ont convenu de conserver une participation croisée de 15 %, Renault ayant transféré ses parts au-delà de 15 % dans une fiducie française.
Et si Renault a fait part de son intention de poursuivre rapidement les cessions de titres, notamment pour accélérer son désendettement, les lourdes difficultés de Nissan sont venues compliquer le projet, Renault risquant de se retrouver collé avec des actions Nissan impossible à vendre, alors même que la conservation de sa participation l’expose à voir les pertes de Nissan amputer ses propres résultats.
En ce sens, le projet de fusion entre Honda et Nissan, s’il venait à se concrétiser, constituerait une porte de sortie inespérée pour le constructeur français, qui trouverait ainsi "un acheteur potentiel pour une part significative de sa participation restante", observe notamment le cabinet Oddo BHF. C’est cette perspective d’une meilleure monétisation de sa participation résiduelle dans Nissan qui explique la hausse de 4 % du cours de Bourse de Renault au cours de la semaine écoulé.
Bien sûr, une fusion entre Honda et Nissan contribuerait à distendre encore davantage les liens qui unissent encore Renault à son partenaire historique. Mais force est de constater que ces liens se sont déjà considérablement relâchés. Et Renault, tout comme les marchés, semble avoir déjà fait le deuil de cette ancienne alliance, désormais réduite à quelques projets isolés.
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