Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Chine / croissance
Macro-économie / Taux
Banque Mondiale / Chine / croissance
La Banque mondiale suggère au gouvernement chinois d’en faire plus pour sauver la croissance / Des réformes structurelles manquent à l’appel
Les velléités de guerre commerciale de Donald Trump, le retour du protectionnisme en Europe ou encore une demande intérieure qui bat de l’aile. La Chine ne sait plus où donner de la tête ces derniers mois et pourtant la Banque mondiale estime la croissance de la Chine à 4,9 % en 2024 et à 4,5 % en 2025. C’est dire si la situation est loin d’être désespérée, Mara Warwick, directrice nationale de la Banque mondiale pour la Chine, la Mongolie et la Corée, n’en estime pas moins qu’il "est important d’équilibrer le soutien à la croissance à court terme avec les réformes structurelles à long terme".
Faire mieux
L’institution n’est pour l’heure pas totalement convaincue par des récentes mesures d’assouplissement des politiques qui ne "devraient fournir [qu’]un soutien modéré, la confiance modérée des ménages et des entreprises, ainsi que les vents contraires dans le secteur immobilier, continueront de peser sur la croissance en 2025". Ariel Emirian, Chef Analyse macroéconomique de Société Générale, confiait récemment à WanSquare ne pas être optimiste concernant l’objectif du gouvernement d’atteindre les 5 % de croissance l’an prochain et évoque " un chiffre plutôt proche des 4,5 % et en deçà des 4 % tant pour 2026 que pour 2027".
Une longue énumération des contraintes structurelles à la croissance est faite, comprenant à la fois une faible consommation, également des niveaux d’endettement élevés parmi les promoteurs immobiliers et les gouvernements locaux et enfin un vieillissement conséquent de la population. Pour y remédier le remède est tout trouvé pour la directrice nationale qui considère que " relever les défis du secteur immobilier, renforcer les filets de sécurité sociale et améliorer les finances du gouvernement local sera essentiel pour débloquer une reprise soutenue. Une communication claire de mesures politiques spécifiques sera cruciale pour renforcer la confiance des marchés et des ménages".
Nouveau défi
La tâche est d’autant plus complexe que s’il est bien préconisé de "s’appuyer sur les succès passés " des dirigeants chinois, il n’en faut pas moins pour eux se réinventer étant donné que le combat contre la pauvreté est en grande partie gagné. Ce sont près 800 millions de personnes qui en sont sorties en Chine au cours des 40 dernières années, ce qui présente " les trois quarts des succès mondiaux en matière de réduction de la pauvreté au cours de cette période".
Tâche désormais de convertir cette réussite "en un succès similaire dans la promotion de la mobilité économique ascendante", améliorer durablement le bien-être de tous les citoyens chinois n’est pas une mince affaire notamment en raison du vieillissement annoncé de la population. Chez la Banque mondiale, on incite à "stimuler la quantité et la qualité du capital humain et à favoriser une répartition plus optimale des talents", ce qui ne peut être atteint à ses yeux que par la croissance économique nécessaire à la hausse des niveaux de vie ainsi qu’une réduction des inégalités.
Ces dernières sont considérées comme ayant "atteint un plateau mais restent élevées pour le niveau de développement du pays". Alors même que la classe moyenne chinoise représente près de 32 % de la population, à date de 2021, la Banque mondiale estime que près de 55 % de la population reste économiquement peu sûre.
Autre transformation et pas des moindres, il faudra pour la Chine réussir à passer "d’une industrie manufacturière à forte intensité de main-d’œuvre et axée sur les exportations à une industrie et des services axés sur la demande intérieure et l’innovation", tout en arrivant à se priver du charbon dont dépend très largement son économie pour se tourner vers une énergie propre.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

