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Accalmie éphémère pour le marché automobile français / Les défis politiques et économiques entravent la reprise
Faut-il y voir les prémices d’un rebond ou une pause éphémère dans une tendance baissière appelée à se poursuivre ? Après sept baisses d’affilée, le marché automobile français a enregistré une timide progression de 1 % en décembre. Il y a eu 183.661 immatriculations de voitures particulières neuves dans l’Hexagone en décembre, contre 181 004 à la même période un an plus tôt.
Soutenu par un calendrier favorable (décembre 2023 comptant 20 jours ouvrés contre 21 cette année), ce léger rebond n’a cependant pas suffi à compenser le terrain perdu depuis le printemps. Après une année 2023 marquée par une reprise de 16 % et un début d’année 2024 prometteur (de janvier à avril), le marché a ensuite entamé un déclin continu, perdant finalement 3 % sur l’ensemble de 2024, soit 56 310 immatriculations en moins.
Et les chances de voir la tendance repartir véritablement à la hausse paraissent bien minces. "Il a fallu un jour ouvré supplémentaire en décembre pour assister à un petit rebond du marché, après sept mois consécutifs de baisse. Mais l’érosion continue des commandes augure une poursuite du repli dans les prochains mois, hors effets ponctuels liés aux évolutions du bonus ou du malus ", prédit Marie-Laure Nivot, Head of automotive market analysis chez AAA Data.
De fait, "le contexte politique n’incite pas à l’investissement, pour les particuliers comme pour les entreprises.", explique-t-elle. La santé du marché dépendant étroitement du niveau des aides à l’achat, les restrictions budgétaires qui s’annoncent ne sont effectivement pas de très bon augure, encore plus dans un marché contraint d’opérer sa mue vers l’électrique à marche forcée.
Les aides à l’achat seront réduites en 2025
En mai dernier, l’ancien gouvernement français s’était accordé avec l’industrie automobile pour viser 800 000 ventes de voitures électriques dès 2027, dans le cadre d’un contrat de filière 2023-2027. Objectif revenant à quasi multiplier par trois les ventes en quatre ans et atteindre 45 % de parts de marché. Or on en est loin, il s’est vendu 291 143 véhicules particuliers électriques en 2024, en recul de 3 % par rapport à 2023 pour une part de marché stable à 17 %. Et le recul est particulièrement marqué sur les derniers mois de l’année, la baisse de 21 % enregistrée en décembre faisant suite aux reculs de 18 % des mois d’octobre et de 24 % de novembre.
"Malgré un sursis de quelques mois pour le durcissement du malus, les aides à l’achat seront réduites en 2025 et les modalités du leasing social, qui restent à préciser en vue d’un lancement retardé vers le milieu de l’année, s’annoncent aussi plus restrictives", prévient Marie-Laure Nivot.
Le programme de leasing social lancé en 2024 en France visait à rendre l’accès aux véhicules électriques plus abordable pour les ménages modestes. Il offrait la possibilité de louer une voiture électrique à long terme avec une mensualité modeste, généralement plafonnée à 100 euros par mois, et jusqu’à 150 euros pour des modèles plus grands adaptés aux familles.
Le dispositif a connu un succès tel qu’il a dû être clôturé plus tôt que prévu, dès février 2024, après avoir dépassé largement les prévisions initiales du gouvernement, avec 50 000 commandes. A lui seul, ce chiffre représente environ 17 % des immatriculations de voitures électriques en France pour l’année 2024.
Un soutien sur lequel il ne faudra certainement pas compter dans les mêmes proportions en 2025, sur un marché qui risque d’être pris en tenaille. D’un côté, après un sursis de quelques mois lié aux péripéties politiques, le malus écologique qui s’applique principalement sur les véhicules les plus polluants va être augmenté. Les travaux parlementaires reprendront mi-janvier et il faut s’attendre à ce que le futur projet de loi de finance reprenne la hausse prévue initialement, pour une possible entrée en vigueur au printemps.
Engouement pour l’hybride
On se souvient que le PLF 2024 prévoyait déjà un durcissement pour les hybrides rechargeables, qui ne sont plus exonérés de malus au poids mais ne bénéficient plus que d’un abattement de 200 kg. Or, si les voitures électrifiées prises dans leur ensemble ont représenté les deux tiers des ventes ces derniers mois, "c’est avant tout grâce à l’engouement pour les motorisations hybrides, qui pèsent plus de la moitié du marché en décembre", souligne le fournisseur de données AAA data. Parmi elles, les hybrides rechargeables reculent de 10 % sur l’année à 9 % de part de marché globale mais rebondissent de 45 % sur décembre (13 % de part de marché) avant la fin de leur exonération de malus au poids.
Côté bonus, le nouveau barème appliqué depuis le 2 décembre a réduit son montant maximal de 7 000 à 4 000 euros pour les foyers les plus modestes, dont le revenu fiscal de référence par part ne dépasse pas 16 300 euros. Pour un revenu fiscal compris entre 16 300 et 26 200 euros, l’aide est de 3 000 euros. Au-dessus de ce revenu fiscal elle est réduite à 2 000 euros, soit 2 000 euros de moins que le barème précédent.
C’est dans ce contexte que les constructeurs vont tenter de tirer leur épingle du jeu, notamment Renault, dont les immatriculations ont augmenté de 13,9 % en décembre, à 45.630 unités (marque Dacia comprise). Le succès attendu de ses nouveauté électriques aux tarifs plus abordables Dacia Spring et Renault 5 devrait aider le constructeur à maintenir sa dynamique. La situation semble en revanche plus difficile pour Stellantis, dont les ventes ont reflué de 6,7 % en décembre, à 32.649 unités, même si le groupe pourra compter sur sa Citroën ë-C3, débutant sous les 20 000 euros, ce qui en fait l’une des voitures électriques les plus abordables du marché.
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