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Méga-fonds
Les méga-fonds dictent la tendance du capital-investissement / Les cinq plus grands ont capté près de 60 % de la collecte en Europe en 2024
L’année 2024 restera marquée par une dynamique qui pourrait sembler paradoxale pour le capital-investissement dans la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique (EMEA), mais qui pourtant ne l’est pas. Selon PitchBook, les levées de fonds y ont atteint un niveau historique de 114 milliards d’euros l’an dernier, à comparer aux 101 milliards d’euros levés en 2023. Mais derrière ce succès se cache une forte polarisation du marché, avec un nombre de fonds en chute libre, atteignant seulement 94 véhicules contre 147 l’an dernier.
Le fait est qu’en période de crise ou d’incertitude économique, les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance, fonds souverains, etc.) ont tendance à privilégier les méga-fonds quand les fonds plus petits ou spécialisés peinent à les attirer. Cette domination des grands acteurs s’explique par leur capacité à rassurer les investisseurs grâce à un track record éprouvé et les relations privilégiées qu'ils entretiennent depuis longtemps avec leurs Limited Partners (LPs).
C'est ainsi que cinq méga-fonds - définis comme des fonds de plus de 5 milliards d'euros - ont représenté 59 % des levées de fonds de LBO de la zone l'an dernier. Si l'on inclut les dix plus grands fonds, les sommes captées atteignent 79,1 milliards d'euros, soit près de 70 % du total des capitaux levés. Parmi eux, EQT X se distingue avec une levée de 22 milliards d'euros, suivi par Partners Group Direct Equity V à 14,2 milliards d'euros et Cinven à 13,2 milliards d'euros. Suivent Apax, avec son onzième fonds mondial de buyout pour lequel il a levé 11,2 milliards d’euros, et Vitruvian (7,3 milliards d’euros). Un classement de Pitchbook auquel il convient d’ajouter le flagship Fund V d’Antin Infrastructure Partners, qui a bouclé dernièrement sa levée au-dessus de sa cible, avec un montant collecté de 10,2 milliards d’euros, renforçant la démonstration.
D’ailleurs, alors que les fonds LBO continuent d’attirer des capitaux massifs, les fonds de croissance subissent une troisième année consécutive de déclin. Avec seulement 16 milliards d’euros levés en 2024, soit une baisse de 30 % par rapport à l’année précédente, cette évolution témoignant de la prudence accrue des investisseurs vis-à-vis des stratégies plus risquées.
Sur le plan géographique, le Royaume-Uni s’impose comme le principal moteur des levées de fonds avec trois véhicules majeurs dans le top 10. L’Allemagne suit avec deux fonds significatifs, tandis que la Suède signe son retour parmi les leaders grâce à EQT X et au fonds Altor VI. Au Moyen-Orient, le Oman Future Fund a levé 4,7 milliards d’euros, tandis que le fonds MC Private Equity IV a clôturé à 2,8 milliards d’euros.
Dans un contexte économique incertain, cette tendance à la polarisation pourrait se poursuivre en 2025. La domination des méga-fonds soulève néanmoins une question cruciale : celle de la diversité du marché du private equity. Face à cette concentration, les acteurs plus modestes devront redoubler d’efforts pour se différencier et attirer des capitaux dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
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