Dirigeants, gouvernance / Meta / Dana White / Donald Trump
Dirigeants, gouvernance
Meta / Dana White / Donald Trump
Meta intègre un proche de Donald Trump à son conseil d’administration / Les prévenances à l'intention du président élu se multiplient
Meta et consorts semblent décidément vouloir être fin prêts pour l’investiture de Donald Trump le 20 janvier prochain. Alors que son fondateur Mark Zuckerberg a été reçu, entre autres patrons de la Tech américaine, par le président élu dans sa résidence de Floride en décembre, que la maison-mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a donné 1 million de dollars au fonds de son comité inaugural – tout comme Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon – et nommé Joel Kaplan, ancien chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche sous George W. Bush et figure des Républicains, à sa direction des affaires publiques mondiales, le groupe vient d’annoncer l’arrivée à son conseil d’administration de Dana White, le patron de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la plus grande ligue américaine de sports de combat spécialisée dans le MMA.
Il sera accompagné de deux autres nouveaux administrateurs, qui rejoignent le "board" de Meta par la même occasion : John Elkann, le dirigeant de la holding de la famille Agnelli Exor et président de Stellantis et Charlie Songhurst, investisseur et ancien cadre dirigeant de chez Microsoft. "Je n’ai jamais voulu rejoindre un conseil d’administration jusqu’à ce que Meta me le propose. Je crois grandement au fait que les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle sont le futur", a souligné Dana White à l’occasion de cette annonce.
Proximité notoire
Si l’homme d’affaires est réputé proche de Mark Zuckerberg, qui pratique les arts martiaux, il possède une autre caractéristique qui a probablement joué en sa faveur : celle d’être un fervent allié de Donald Trump. "Dana, John et Charlie apporteront une expertise et une perspective approfondies qui nous aideront à saisir les immenses opportunités qui s’offrent à nous avec l’IA, les accessoires connectés et l’avenir des connexions humaines", a de son côté simplement assuré Mark Zuckerberg, lors de l’annonce de l’élection de ces trois nouveaux administrateurs. Reste que la proximité affichée entre Dana White et le président élu ne date pas d’hier.
Le premier avait, dès 2016, manifesté son soutien au candidat républicain. Durant la dernière campagne présidentielle, il a aussi assuré sa promotion auprès de son public amateur de sports de combat et était notamment présent sur scène, lors de son discours de victoire, le 6 novembre dernier. À l’inverse, Meta est loin d’avoir été jusqu’ici dans ses petits papiers, alors que Donald Trump avait été banni par Facebook du réseau social après l’assaut du Capitole en janvier 2021. Depuis, Mark Zuckerberg s’était attiré les foudres de l'homme politique, qui n’a souvent pas hésité à le critiquer ouvertement ou à l’accuser de censurer les avis conservateurs.
D’autres relations à adoucir
D’autant que les relations entre Meta et le nouveau bras droit de Donald Trump, Elon Musk, qui est désormais installé à la tête du ministère de l’Efficacité gouvernementale, ne sont aussi pas des plus apaisées. Des dissonances qui avaient été renforcées depuis que la firme dirigée par Mark Zuckerberg a lancé "Threads", son application similaire au concept de l’ancien Twitter, rebaptisé X depuis que le fondateur de Tesla en est devenu le propriétaire. D’autres nouvelles nominations au sein de l’administration Trump ne s’annoncent, de plus, pas nécessairement favorables aux Big Tech, ceci alors Meta sera d’ailleurs jugé en avril prochain sur les allégations de la Federal Trade Commission (FTC), l’accusant d’avoir racheté Instagram et Whatsapp pour écraser la concurrence. Le résultat d’une enquête antitrust qui avait été lancée sous la première présidence de Donald Trump.
Brendan Carr, nommé à la tête de la Commission fédérale des communications (FCC) par Donald Trump ou Andrew Ferguson, placé au sommet de la FTC, ne cachent en effet pas leurs intentions de les contrôler de près. "À la FTC, nous mettrons fin à la vendetta des grandes entreprises technologiques contre la concurrence et la liberté d’expression. Nous veillerons à ce que l’Amérique soit le leader technologique mondial et le meilleur endroit où les innovateurs peuvent donner vie à de nouvelles idées", a souligné ce dernier sur ces réseaux sociaux lors de sa nomination. À noter qu’Andrew Ferguson pourrait néanmoins adopter une position plus clémente que sa prédécesseure Lina Khan sur le plan des fusions et acquisitions, ce qui devrait, dans ce cas, constituer une nouvelle de bon augure pour les entreprises technologiques américaines.
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