Macro-économie / Taux / commerce mondial / BCG
Macro-économie / Taux
commerce mondial / BCG
Comment le commerce mondial pourrait se redessiner dans la décennie à venir / Le BCG identifie plusieurs tendances
A quoi ressemblera le commerce mondial en 2033 ? Dans un rapport, le Boston Consulting Group (BCG) essaie de fournir des éléments de réponse. A l’aide de l’analyse de corrélations historiques et de l'intelligence artificielle le cabinet de conseil a mobilisé les données issues de plus de 150 pays exportateurs dans 14 régions clés et plus de 5 000 produits physiques ou marchandises dans 22 secteurs industriels.
Selon cette étude, le commerce international progressera de 2,9 % par an en moyenne d’ici à 2033. Il devrait alors dépasser 29 000 milliards de dollars d’ici 2033. Bien que cette croissance suive globalement celle du PIB mondial, des dynamiques notables émergent entre les différentes régions du monde. Point important : le scénario ne prend pas en compte l’impact potentiel de l’éventuelle mise en œuvre de droits de douane.
En Amérique du Nord, la relation États-Unis - Mexique - Canada devrait sortir renforcée par des années de reshoring, nearshoring et friendshoring visant à réduire la dépendance aux importations chinoises. Le commerce entre les États-Unis et le Mexique augmenterait de 4 % par an, tandis que celui avec le Canada augmenterait de 1,9 % par an, encouragé par le développement de nouvelles chaînes d’approvisionnement régionales.
La Chine verrait ses échanges avec l’Occident (Etats-Unis, Union européenne, Japon, Australie, Corée du Sud et Nouvelle-Zélande) diminuer à hauteur de 1,2% par an en moyenne. "La chute annuelle de 159 milliards de dollars du commerce entre les États-Unis et la Chine pourrait considérablement s’accentuer dans l’hypothèse d’une nouvelle politique douanière. Du côté de l’UE, le commerce avec la Chine devrait stagner au cours de la prochaine décennie", précise le rapport. La Chine se tournerait en fait vers le Sud Global (133 pays membres du "Groupe des 77" aux Nations unies). Les échanges avec ces derniers devraient croître de 5,9 % par an. " Ce changement soutiendra l’agenda géopolitique de la Chine visant à réduire sa dépendance économique vis-à-vis de l’Occident tout en renforçant ses liens avec les principaux marchés émergents ", estime le rapport.
Les pays du Sud Global, qui représentent 18% du PIB mondial et 62% de la population planétaire, deviendraient une force dans le commerce mondial, sous l'impulsion de pays dynamiques tels que l'Inde et l'Asie du Sud-Est, à mesure que les nations en développement contribueront davantage aux chaînes d'approvisionnement mondiales et développeront de nouvelles capacités. L’Inde est identifiée comme un des pays qui bénéficierait le plus de cette nouvelle dynamique dans le Sud Global. Le rapport met en avant la capacité du pays à se positionner comme une alternative à la Chine mais aussi les incitations gouvernementales, la main-d’œuvre et les infrastructures.
A noter en outre que le commerce Sud-Sud augmentera également et passerait de l'exportation de produits de base liés aux ressources naturelles à celle de produits manufacturés plus sophistiqués.
Du côté de l'Union européenne, il est prévu une croissance annuelle moyenne de 2% de ses échanges avec ses partenaires commerciaux. "Le récent accord de l'UE avec le Mercosur, s'il est mis en œuvre, stimulera ses échanges avec l'Amérique du Sud. Nous pensons que l'Afrique, et en particulier l'Afrique du Nord, deviendra un lieu important pour la délocalisation des chaînes d'approvisionnement manufacturières, le continent dans son ensemble devenant une source plus importante d'énergie et de minéraux nécessaires à la transition verte", anticipe l'étude.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

