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échec entrepreneurial / hélène bourbouloux

Une perception de l’échec à la française qui freine le rebond entrepreneurial / Des mesures financières spécifiques pourraient aider à inverser la tendance

L’échec entrepreneurial reste encore stigmatisé en France. Un facteur jouant nécessairement sur les facultés des dirigeants à rebondir, observe un rapport réalisé par un groupe de travail présidé par l’administratrice judiciaire Hélène Bourbouloux. Le contexte actuel de défaillances d’entreprises pousse d’autant plus à se pencher sur la question, alors que quelques ajouts ou modifications du Code monétaire et financier, ou bien le renfort de certains dispositifs existants, pourraient par exemple représenter un soutien financier opportun.
(Photo by Jack GUEZ / AFP)
(Photo by Jack GUEZ / AFP)

Si l’adage disant que "l’échec est une opportunité de recommencer la même chose plus intelligemment" est attribué à Henry Ford, c’est que ce dernier doit sûrement avoir certaines vertus dans l’entrepreneuriat. Le sujet est-il suffisamment bien compris en France ? De grandes réussites industrielles, la montée en puissance de la French Tech ces dix dernières années, ou encore le tissu de PME et ETI existant, démontre certes que l’Hexagone est un pays d’entrepreneurs. Mais l’échec en la matière y reste bien souvent stigmatisé, regrette un rapport publié par un groupe de travail présidé par l’administratrice judiciaire phare de la place parisienne, Hélène Bourbouloux.

Car à l’inverse d’autres régions du monde, notamment aux États-Unis où le fait d’échouer peut être davantage perçu comme une étape vers le succès, la France maintient de fait une attitude négative à ce sujet, poursuit le rapport, freinant ainsi l’innovation et la prise de risque. Elles qui sont pourtant toutes deux nécessaires au dynamisme économique.

D’autant que le contexte actuel, empreint d’une augmentation significative des défaillances d’entreprises en France, représente une situation de défi presque opportune pour mener ce type de chantiers. La crise sanitaire a exacerbé les tendances d’incertitudes qui pèsent sur les entreprises depuis plusieurs années et tout particulièrement du côté des PME.

 

Adapter le cadre juridique et financier

 

Un phénomène qui met non seulement les faiblesses de certains modèles économiques en lumière, mais soulignant aussi l’importance d’un cadre juridique et financier qui soutiendrait davantage les entrepreneurs en difficulté. "Face à cette réalité, il devient essentiel de repenser les dispositifs d’accompagnement pour favoriser un rebond rapide et efficace après un échec entrepreneurial et ainsi encourager un écosystème plus résilient et innovant", ajoute le rapport.

En ce sens, sur le plan du soutien financier et pour aider les entrepreneurs à se relancer après l’échec, le groupe de travail propose notamment de mettre en place certains fonds spécifiques et aides financières adaptées. Cela pourrait s’illustrer au travers de la création d’un fonds de relance pour les entrepreneurs ayant liquidé judiciairement leur société, grâce à l’ajout d’un chapitre spécifique au Code monétaire et financier, qui permettrait d’avoir accès à des subventions ou des prêts à taux réduit pour financer la reprise d’activités entrepreneuriales. Les canaux possibles ? Des initiatives régionales, des produits Bpifrance ou encore des prêts d’honneur, observe le rapport. Autre idée : modifier certains articles de ce même Code pour soutenir les programmes de microcrédit, spécifiquement destinés aux entrepreneurs en difficulté.

Le groupe de travail souligne bien que certains soutiens existent d’ores et déjà et relève, également, la manière dont ils pourraient être renforcés. À cet égard, le programme "prêt rebond" de Bpifrance pourrait par exemple être étendu pour inclure des clauses spécifiques pour les entrepreneurs en reprise après un échec, tandis que des fonds de l’Union européenne, comme ceux du programme Horizon Europe, pourraient servir à financer des projets de relance entrepreneuriale. En attendant, lors des phases de liquidation judiciaire, une période de 3 à 6 mois de suspension de l’exécution des cautions personnelles pourrait aussi permettre aux entrepreneurs de stabiliser leur situation.

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