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surcapacité; sobriété; part de marché

Politique européenne / véhicules électriques / Batteries électriques / lithium / dépendance / Chine / Politique européenne

Politique européenne
véhicules électriques / Batteries électriques / lithium / dépendance / Chine / Politique européenne

L’Europe a encore une carte à jouer sur les véhicules électriques / La sobriété sera de mise pour se tailler une part du gâteau

Le secteur des batteries utilisant du lithium connaît une croissance conséquente depuis près d’une décennie et elle n’a échappé à personne. Certainement pas une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), qui regrette, dans un panorama consacré au sujet, que cette dynamique profite essentiellement à la Chine. Ses équipes proposent au Vieux continent d’être économe en ressources pour tirer son épingle du jeu, tout en réduisant ses dépendances en la matière.  
Les véhicules électriques européens et français sont soumis à une rude concurrence. Photo by Stéphane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Les véhicules électriques européens et français sont soumis à une rude concurrence. Photo by Stéphane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

En Europe on n’a pas de métaux rares mais on a des idées. En simplifiant à l’extrême les propositions d'une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), on pourrait les résumer ainsi. Il faut dire que l'étude recommande de ne pas rentrer dans une surenchère avec la Chine sur la question.

L’Europe n’en aurait de toute façon pas les moyens, la stratégie chinoise d’exporter ses surcapacités n’étant que difficilement transposable ailleurs dans le monde. De fait, si la position européenne n’est pas idyllique loin de là, avec uniquement 14 % des batteries lithium-ion produites en 2023 sur le sol européen, l'étude souligne que l’Europe a déjà pris toute une batterie de mesures pour réduire sa dépendance sur la question.

 

Souveraineté

 

Du côté des équipes de l’institution on est tout aussi inquiet de constater qu’à date " la localisation des unités de production biaise la mesure réelle des capacités européennes ". Il s’avérerait que " bien que situées sur le sol européen, la plupart des unités de production sont des succursales d’entreprises non européennes", avec plus la moitié de la production européenne liée à des entreprises sud-coréennes ou chinoises ou encore des entreprises américaines. Pour un total de 60 % de la production du Vieux continent qui serait imputable à des entreprises non européennes.

Les ambitions européennes, aussi réelles soient-elles, ayant pour objectif de multiplier par six sa production de batteries d’ici 2030, n’arriveront qu’à ramener cette part des entreprises étrangères à 46,2 % à la fin de la décennie. Certes l’Europe pourrait alors disposer "d’une capacité de production supérieure de 27 % aux capacités nord-américaines " et ainsi s’imposer comme un acteur de premier plan. Il n’en demeure pas moins que les autres régions du monde ne resteront pas les bras croisés et que la problématique de la souveraineté restera entière notamment sur les chaînes d’approvisionnement.

 

Alléger

 

Un dernier point sur lequel il est recommandé à l’Europe de jouer avec ses armes, et notamment de parvenir à réduire sa demande de métaux proportionnellement à la hausse de sa production. Une batterie de mesures est ainsi proposée allant de l’allègement des véhicules électriques, à la réduction des produits jetables en passant par une législation contre l’obsolescence programmée ou encore l’affichage de la teneur en métaux des produits. Ce qui pourrait conduire l’Union européenne à faire la promotion de véhicules électriques plus légers que la moyenne.

Cette stratégie aurait néanmoins un pendant "en matière d’acceptation sociale, de financement et de diversification des approvisionnements", il faudra faire comprendre par des incitations financières ou non que se tourner vers ces modèles plus économes représente un intérêt pour le Vieux continent dans son ensemble. L’Agence internationale de l’énergie soulignait au début du mois que les programmes de location sociale sont à même de "faciliter l’adoption de véhicules électriques pour les ménages à faible et moyen revenu" et peuvent être considérés tel un soutien politique à même d’améliorer la démocratisation des véhicules électriques.

 

Réalisme

 

Le Critical Raw Materials Act (CRMA) de l’Union Européenne, adopté en mars 2023 et voté en avril 2024, est dès lors un outil précieux puisque rappelons qu'il propose " un ensemble complet de mesures visant à garantir l’accès de l’UE à un approvisionnement sûr, diversifié, abordable et durable en matières premières critiques". Toute une série d’objectifs non contraignants pour 2030 étant détaillée ; "l’extraction dans l’UE devrait produire au moins 10 % de sa consommation annuelle ; la transformation dans l’UE devrait produire au moins 40 % de sa consommation annuelle ; le recyclage dans l’UE devrait produire au moins 25 % de sa consommation annuelle ; pas plus de 65 % de la consommation annuelle de chaque matière première stratégique à n’importe quelle étape pertinente de la transformation ne devrait provenir d’un seul pays tiers".

L’absence de contraintes apparaît pertinente au vu de la critique qui en fait par l'étude du Cepii, celle-ci jugeant que, "malgré le potentiel sous-exploité du sous-sol européen, l’objectif de 10 % de production sur le territoire européen semble inatteignable" tant en raison de l’acceptabilité sociale de cette activité, des durées de mises en production ou encore de réserves peu fournies. Il n’y a de fait pas de solutions miracles à en croire, selon les auteurs de l'étude. Le recyclage plus vertueux écologiquement est long à mettre en place tout en ne pouvant subvenir à toute la demande et la diversification des approvisionnements n’est ni une chose aisée ni un gage de sécurité sur le long terme.

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