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ASML surperforme grâce à l’IA, mais pas seulement / Des commandes record et des perspectives optimistes pour 2025
Le "A" des "Granolas" se porte bien. Le géant néerlandais des équipements de semi-conducteurs, qui fait partie des 11 plus grandes entreprises européennes cotées (avec GSK, Roche, Nestlé, Novartis, Novo Nordisk, L'Oréal, LVMH, AstraZeneca, SAP et Sanofi) a vu son cours de Bourse progresser fortement mercredi après la publication de résultats du quatrième trimestre supérieurs aux attentes. Le titre gagnait près de 7% à 690,50 euros en fin d’après-midi sur Euronext Amsterdam, tandis que son ADR (American Deposit Receipt) prenait plus de 5% à 720 dollars à New York.
Au cours des trois mois d’octobre à décembre 2024, le groupe a dégagé un bénéfice par action de 6,85 euros pour des ventes de 9,3 milliards d'euros, dépassant les attentes. Le consensus des analystes tablait sur un bénéfice de 6,72 euros par action pour des ventes de 9,1 milliards d'euros.
Mais " le point central de cette publication reste les prises de commandes, qui s’élèvent à 7,1 milliards d’euros, largement au-dessus du consensus Visible Alpha de 4 milliards d’euros. Une surprise positive, d’autant plus marquante après les récentes annonces négatives d’Intel et Samsung", souligne le courtier Stifel. Une surprise d'autant mieux accueillie alors que le secteur des semiconducteurs est secoué par l'émergence soudaine de DeepSeek, un agent conversationnel chinois à faible coût basé sur l’intelligence artificielle, qui rivalise avec ses concurrents américains.
Lithographie extrême ultraviolet
Bien qu’ASML ne soit pas directement un acteur de l’IA comme Nvidia ou OpenAI, le groupe joue un rôle clé dans l’univers de l’intelligence artificielle. Son importance réside dans son monopole sur la lithographie EUV (Extreme Ultraviolet), une technologie essentielle pour la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés.
Les puces les plus performantes utilisées pour l’IA, notamment celles de Nvidia, AMD ou encore Intel, reposent sur des procédés de fabrication en 3 nm et bientôt en 2 nm, qui nécessitent l’utilisation des machines EUV d’ASML. Sans ces équipements, les fonderies comme TSMC, Samsung ou Intel ne pourraient pas produire les puces de dernière génération qui alimentent les modèles d’IA.
A cet égard, la répartition des commandes d’ASML sur le trimestre apporte un éclairage précieux sur l’évolution de la demande en semi-conducteurs. Les commandes de machines destinées à la fabrication de mémoires, qui représentent 39 % du total, ont bondi de 91 % sur un trimestre. Ce qui signifie que les entreprises produisant de la mémoire (comme Samsung, SK Hynix ou Micron) ont fortement augmenté leurs commandes de machines ASML.
Les fondeurs continuent d'investir massivement
Dans le même temps, "les commandes de machines liées aux circuits logiques, pesant 61 % du mix, ont progressé de 265 % en séquentiel ", observe Bank of America. Une envolée qui reflète une franche accélération des investissements des fondeurs fabriquant des puces logiques, comme TSMC, Intel et Samsung, qui produisent les CPU (Central Processing Unit), GPU (Graphics Processing Unit) et ASIC (Application-Specific Integrated Circuit) utilisés dans l’IA, les smartphones ou les serveurs.
Sur ces montants, les commandes de machines de lithographie les plus avancées, dites "extrême ultraviolet" (EUV), ont représenté 3 milliards d’euros, contre 2,2 milliards d’euros anticipés par les analystes, cette évolution montrant que les fabricants de mémoire commencent, eux aussi, à investir massivement dans l’EUV.
Des tendances positives qui viennent ainsi conforter les prévisions du groupe pour 2025. ASML a réaffirmé ses objectifs de ventes, qui devraient se situer entre 30 et 35 milliards d'euros, avec une marge brute estimée entre 51 et 53 %. Le consensus Visible Alpha anticipait des chiffres légèrement inférieurs, à 32,1 milliards d'euros et 16,7 milliards d'euros respectivement.
"La croissance de l'intelligence artificielle est le principal moteur de notre secteur. Elle a provoqué un véritable bouleversement dans la dynamique du marché, créant à la fois des opportunités et des risques pour nos clients, comme l'illustre notre fourchette de revenus pour 2025", a commenté Christophe Fouquet, le PDG français du groupe.
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